Pourquoi votre planète a une date de péremption : quand les plaques tectoniques cesseront de bouger, les océans disparaîtront les premiers

Et si la tectonique s’arrêtait ? Des montagnes disparaîtraient, laissant place à une Terre figée et stérile.

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Pourquoi votre planète a une date de péremption : quand les plaques tectoniques cesseront de bouger, les océans disparaîtront les premiers
Pourquoi votre planète a une date de péremption : quand les plaques tectoniques cesseront de bouger, les océans disparaîtront les premiers © RSE Magazine

La question de ce qui arrivera à notre planète si les plaques tectoniques s’arrêtent alimente pas mal de réflexions en science. L’étude du géoscientifique mathématicien Quiming Cheng, publiée en 2018 dans la revue Gondwana Research, propose une projection où ces mouvements cesseraient d’ici 1,45 milliard d’années. Ce phénomène, qui joue un rôle fondamental dans la dynamique de la Terre, suscite des interrogations sur les changements possibles dans notre environnement et sur ce que cela nous apprendrait à très long terme.

L’âge de la Terre, d’environ 4,54 milliards d’années, se compare à l’estimation selon laquelle le Soleil deviendra une géante rouge dans environ 5,4 milliards d’années. Cet écart montre la complexité des calculs mêlant évolution géologique et évolution stellaire. Les premières plaques lithosphériques se sont formées entre 3,5 milliards et 600 millions d’années après la formation de la Terre, permettant le début du processus de subduction. Quiming Cheng a utilisé l’évolution géologique des 3 milliards d’années pour calibrer ses modèles et donner corps à sa projection. Même si d’autres études contestent ces résultats, par exemple une étude de 2016 qui avance une immobilisation dans 5 milliards d’années ou une étude de 2008 qui parle de mouvements intermittents, l’estimation de Cheng reste notable.

Des scientifiques comme Ken Hudnut (de l’USGS, le service géologique des États‑Unis), Robert Stern (de l’Université du Texas), et Christopher Scotese (également de l’Université du Texas) prennent part au débat autour de ces projections. Hudnut évoque des conséquences très fortes, soulignant par exemple la disparition des séismes de magnitude supérieure à 7, qui sont principalement liés aux zones de subduction, rapporte le National Geographic. Stern et Scotese s’interrogent sur l’efficacité des estimations concernant la durée d’une possible « revitalisation » tectonique avant une immobilisation définitive.

À quoi sert la tectonique ?

Le mouvement des plaques tectoniques est essentiellement alimenté par la chaleur résiduelle de la planète et par les éléments radioactifs. Les mouvements mécaniques comprennent les dorsales océaniques, où le matériau mantellique monte et se décompresse, ainsi que la subduction, où une plaque passe sous une autre. Les collisions entre plaques façonnent le relief actuel, comme en témoignent des chaînes de montagnes emblématiques telles que les Alpes et l’Himalaya, et pourraient mener à un supercontinent Pangée Ultima. Les panaches mantelliques, eux, génèrent des points chauds volcaniques mobiles. Dans 350 millions d’années, on prévoit une pause liée à la fermeture de l’océan Pacifique, ce qui illustre l’importance continue de Pangée Ultima.

L’étude de Quiming Cheng, basée sur la modélisation mathématique du refroidissement du manteau terrestre, décrit les conséquences d’une immobilisation des plaques. Sans mouvements tectoniques, de nouvelles montagnes ne s’érigeraient plus et l’érosion finirait par aplanir progressivement les reliefs existants. L’arrêt des subductions réduirait la fréquence de certains types de volcanisme, même si certains volcans pourraient continuer à fonctionner grâce à des mécanismes internes persistants.

Ce que nous apprennent les autres planètes

En regardant au-delà de la Terre, d’autres planètes du système solaire comme Mars, Vénus et Mercure offrent des exemples d’absence d’activité tectonique. Mars, par exemple, conserve d’énormes volcans issus d’une géologie figée, tandis que Vénus montre une surface façonnée par des mécanismes non plaquistes. Robert Stern note que la Terre « deviendra une planète morte, comme Mercure, » si sa tectonique s’arrête.

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