Sous les blocs du phare d’Alexandrie, un secret enfoui depuis des siècles

La découverte de 22 blocs du phare d’Alexandrie pourrait révolutionner notre compréhension de ce monument mythique.

Publié le
Lecture : 2 min
Sous les blocs du phare d’Alexandrie, un secret enfoui depuis des siècles
Sous les blocs du phare d’Alexandrie, un secret enfoui depuis des siècles © RSE Magazine

La communauté archéologique est en effervescence après la découverte récente de 22 blocs de pierre massifs, reliques du légendaire phare d’Alexandrie. D’après Ecoticias, ces blocs ont été remontés du port oriental (Eastern Harbor) d’Alexandrie, en Égypte, avec un objectif ambitieux : numériser ces fragments pour recréer virtuellement ce monument disparu sous les eaux. Une opération qui pourrait non seulement transformer notre compréhension architecturale du phare, mais aussi faire passer une légende du domaine du mythe à celui de la donnée mesurable et accessible.

On redécouvre un géant de l’antiquité

À l’origine, le phare se trouvait sur l’île de Pharos. Il fut érigé au début du IIIe siècle avant notre ère, sous la dynastie des Ptolémées, et servait de guide aux navires dans le port parfois agité d’Alexandrie, l’une des villes les plus animées du monde antique. Comparable à un « feu d’atterrissage » pour les marins, il s’imposait comme un symbole de l’ingéniosité de l’époque, avant d’être finalement détruit par des séismes puis démonté pour réutiliser ses pierres.

La découverte archéologique des 22 blocs redonne une nouvelle lecture de la complexité architecturale du monument, avec des éléments monumentaux comme des linteaux, des supports de porte et des dalles pavées. Un détail particulièrement intrigant : une structure de type pylône avec une porte de style égyptien, qui suggère un mélange singulier entre les styles égyptien et grec.

Les défis de l’archéologie sous-marine

Malgré l’enthousiasme, les fouilles sous-marines avancent lentement et de manière très méthodique. Lancées dans les années 1990 par Jean-Yves Empereur, ces opérations ont déjà permis de documenter des milliers d’objets enfouis, allant de grands blocs à des fragments de statues. Les conditions dans le port moderne d’Alexandrie restent souvent imprévisibles : courants marins, faible visibilité et autres contraintes compliquent chaque étape du travail.

La numérisation et la photogrammétrie sont devenues des outils indispensables pour progresser sans risquer d’abîmer les pièces. Le projet PHAROS, en particulier, vise à créer un « jumeau numérique » du phare. Cette reconstruction virtuelle permettra de tester plusieurs hypothèses d’assemblage et de mieux comprendre l’apparence globale du monument.

Partenaires internationaux et technologies en action

À la tête des opérations, Isabelle Hairy supervise les travaux scientifiques actuels et coordonne les efforts du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et du Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités. Avec le soutien technique de la Fondation Dassault Systèmes, ils travaillent à transformer ces blocs massifs, dont certains pèsent entre 70 et 80 tonnes, en une base de données numérique.

La contribution de la Fondation Dassault Systèmes est notable : elle soutient la numérisation et la reconstruction virtuelle, ce qui permet de tester différents scénarios d’assemblage sans toucher physiquement aux artefacts. Les ingénieurs replacent les pièces du puzzle en s’appuyant sur les données issues de la photogrammétrie et des scans détaillés.

Laisser un commentaire