Au cœur du quartier de Whitechapel à Londres, une inspection de routine des égouts a mis au jour quelque chose d’étrange et inquiétant. Les ingénieurs de Thames Water, une entreprise de collecte et de traitement des eaux usées au Royaume-Uni, sont tombés sur un amas que certains qualifient de « monstre », relaye Ouest France. Cet amas de graisse, même s’il est plus petit que celui de 2017, pourrait quand même causer pas mal de problèmes.
Ce qui se cache sous les rues de Whitechapel
Whitechapel, quartier animé de Londres, cache sous ses rues une accumulation importante de graisse dans les canalisations. Les médias l’ont présenté comme le « petit‑fils » du fameux fatberg de 2017. Plus petit, mais décrit comme « petit… mais costaud », il montre qu’il peut tout de même bloquer sérieusement les réseaux.
Les égouts de Whitechapel avaient déjà connu une obstruction massive en 2017 : un fatberg record pesant 130 tonnes et mesurant 250 mètres de long, qu’il a fallu découper et éliminer à l’aide de jets d’eau à haute pression. Cette opération avait été longue et complexe.
Des déchets qui s’accumulent et posent problème
Ces bouchons sont surtout constitués de graisses, d’huiles et de lingettes, mais on y retrouve aussi des déchets comme des jus de viande, des sauces et diverses crèmes. Tous ces éléments se collent dans les canalisations et finissent par obstruer les conduits. Les conséquences possibles sont graves : canalisations bouchées, inondations dans les maisons et pollution aquatique.
Selon Tim Davis, responsable des opérations de gestion des déchets, ces amas de graisse « ne disparaissent pas d’eux-mêmes » mais s’accumulent et causent des dégâts importants. Il précise que le coût annuel pour résoudre ces problèmes atteint des « dizaines de millions d’euros », une facture qui est répercutée sur les clients.
Un problème qui vient aussi de nos comportements
La découverte est survenue pendant la période des fêtes de fin d’année. Les repas de famille à cette période génèrent beaucoup de déchets gras qui ne sont pas toujours jetés correctement, ce qui met une pression maximale sur les égouts. Une enquête menée par Opinion Matters montre que près de 40 % des ménages britanniques jettent des jus de viande, sauces et graisses dans l’évier, un geste qui favorise la formation de ces fatbergs.
Davis encourage les consommateurs à adopter un geste simple pour Noël : éviter de verser graisses et huiles dans l’évier, afin de prévenir non seulement les obstructions mais aussi des millions d’euros de coûts évitables.
Les opérations en cours et les techniques utilisées
Face à ce « nouveau monstre », Thames Water mène une opération d’extraction qui « pourrait prendre plusieurs semaines ». La tâche demandera des moyens techniques importants. Les expériences passées montrent que des méthodes comme les jets d’eau à haute pression sont souvent indispensables pour venir à bout de ces masses tenaces, tout comme une méthode de filtration pour les microplastiques.
Le mot « fatberg » (mot‑valise apparu au début des années 2000) et l’image de « monstre » traduisent une prise de conscience grandissante autour de ce phénomène qui dure depuis plusieurs années.








