Face à une hausse inquiétante des températures et à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, l’Espagne prend des mesures concrètes pour protéger la population. Le mercredi 17 décembre, lors d’une conférence sur le climat à Madrid, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé la création d’un réseau national d’« abris climatiques ». L’objectif est de faciliter l’accès à des espaces climatisés publics partout dans le pays, afin de réduire les risques pour la santé liés aux fortes chaleurs.
Réagir face à l’urgence des fortes chaleurs
L’Espagne est en première ligne du réchauffement climatique en Europe, et les chiffres de l’Agence météorologique nationale (Aemet) montrent une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. L’été 2025 a été le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne de 24,2 °C, selon les tendances météorologiques pour l’été 2025. Entre le 16 mai et le 30 septembre, plus de 3 832 décès ont été attribués à la chaleur. La situation est aggravée par des périodes de canicule quasi continues. Sur ce point, Pedro Sánchez a déclaré lors d’une conférence de presse relayée par Ouest France : « Certains étés, on ne parle plus de vagues de chaleur, mais plutôt d’une seule et même vague qui dure ».
Pour répondre, le gouvernement central, piloté par les socialistes à Madrid, propose de transformer différents bâtiments publics en abris sécurisés. Sont concernés des bibliothèques, des écoles et d’autres bâtiments officiels déjà équipés de climatisation, mais aussi des solutions pour rafraîchir sans climatisation. Barcelone, la capitale de la Catalogne, a déjà mis en place certains de ces abris, tout comme des régions comme le Pays basque et la Catalogne. Le projet prévoit d’étendre cette infrastructure nécessaire à l’ensemble du pays, avec un lancement prévu avant l’été prochain.
Coordination et financement : qui fait quoi ?
Le caractère décentralisé de l’Espagne signifie que les régions ont de larges compétences en matière de gestion des urgences climatiques. C’est pourquoi le gouvernement central mise sur une coordination renforcée avec les autorités régionales pour déployer ce réseau d’abris de façon cohérente. Des régions comme le Pays basque et la Catalogne, déjà engagées sur ce terrain, serviront de modèles pour cette coopération.
Le financement est aussi au cœur du dispositif, même si les montants précis n’ont pas été précisés. Pedro Sánchez a indiqué que son gouvernement travaillera à « faciliter le financement pour la création de ces abris climatiques dans les quartiers les plus vulnérables, où la chaleur est la plus forte ». L’idée est d’apporter des réponses ciblées là où c’est le plus nécessaire, même si aucune carte de répartition ni critère de vulnérabilité n’ont encore été dévoilés.








