On pensait les zones humides protégées… jusqu’à ce que des cigognes y déversent des montagnes de plastique

Saviez-vous que certains oiseaux transportent jusqu’à 285 kg de plastique par an dans des zones protégées ?

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On pensait les zones humides protégées… jusqu’à ce que des cigognes y déversent des montagnes de plastique
On pensait les zones humides protégées… jusqu’à ce que des cigognes y déversent des montagnes de plastique © RSE Magazine

L’accumulation de pollution plastique dans l’environnement est un problème bien connu, mais en Andalousie une nouvelle menace écologique apparaît : les oiseaux jouent un rôle involontaire dans la dispersion de cette pollution dans les zones humides. Des milliers d’oiseaux fréquentent les décharges pour se nourrir et transportent, sans le savoir, des centaines de kilos de plastique chaque année vers des sites naturels protégés, mettant en lumière une dynamique de pollution mal comprise et encore peu étudiée.

Des oiseaux, des décharges et du plastique : comment ça se passe

Parmi les espèces étudiées, le goéland brun sort du lot : il transporte à lui seul 285 kg de plastique par an dans la baie de Cadix, avec un pic marqué en hiver. Le phénomène n’est pas isolé ; le goéland leucophée assure un transfert continu tout au long de l’année. La cigogne blanche se distingue par le volume de plastique transporté par individu, étant la seule à rapporter des fragments de silicone. Ces comportements ont été mis au jour en analysant des pelotes de réjection (boules régurgitées contenant des résidus alimentaires) et des fèces d’oiseaux, qui révèlent la présence de plastique, de verre et d’autres matériaux d’origine humaine.

Les oiseaux aquatiques comme les hérons garde-bœufs, les cigognes et les flamants roses fréquentent aussi les mêmes décharges et zones humides, ajoutant à cette chaîne complexe de transport de déchets plastiques. Des lieux comme la lagune de Fuente de Piedra et les marais de la baie de Cadix reçoivent respectivement en moyenne 400 kg et 530 kg de plastique par an, confirme The Conversation. Ces sites naturels, vitaux pour la biodiversité, subissent donc une pression humaine de plus en plus forte.

Comment l’étude a été menée et ce que ça signifie

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, les chercheurs ont équipé des oiseaux de dispositifs GPS et ont prélevé des pelotes de réjection dans les zones humides reliées aux décharges des provinces de Málaga, Séville et Cordoue. L’analyse en laboratoire a permis d’identifier et de quantifier la présence de plastique et d’autres matériaux. Cette recherche met en évidence un lien écologique inattendu entre les décharges humaines et les habitats naturels.

Les conséquences ne s’arrêtent pas là. Les déchets plastiques provoquent étranglement et obstruction des systèmes digestifs des animaux. Même les plastiques de petite taille et leurs additifs (substances chimiques ajoutées lors de la fabrication) peuvent perturber le système hormonal, nuire aux fonctions métaboliques et à la reproduction de la faune locale, tout comme les nanoplastiques. Le plastique s’infiltre ainsi dans la chaîne alimentaire et s’accumule jusqu’aux niveaux trophiques supérieurs, posant des risques sanitaires potentiels pour les écosystèmes et, à terme, pour l’homme.

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