L’océan Austral avale trop de CO₂ : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme

L’océan Austral, souvent méconnu, absorbe près de 40 % du CO₂ émis par l’homme.

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L’océan Austral avale trop de CO₂ : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme
L’océan Austral avale trop de CO₂ : les scientifiques tirent la sonnette d’alarme © RSE Magazine

L’océan Austral, souvent peu connu, joue un rôle de premier plan dans la régulation du climat mondial. Des études récentes révèlent qu’il capte bien plus de dioxyde de carbone (CO₂) que ce que l’on imaginait au départ, en partie grâce aux vallées sous-marines qui influencent les échanges d’eau. Cette absorption massive aide à ralentir temporairement l’accélération du réchauffement, même si ce mécanisme un peu complexe pourrait évoluer et modifier notre environnement.

Un puits de carbone indispensable

D’après les recherches de l’Alfred Wegener Institute, l’océan Austral absorbe environ 40 % du CO₂ généré par l’activité humaine dans les océans. Ce phénomène est rendu possible grâce à un mécanisme naturel qui empêche les eaux chargées en carbone de remonter vers l’atmosphère. En effet, les eaux profondes du sud, situées sous les 200 mètres, contiennent un important stock de CO₂, fruit d’anciens cycles de carbone.

La stratification (séparation nette entre les différentes couches de l’eau) joue un rôle décisif en empêchant le mélange des eaux de surface avec celles en profondeur. Depuis les années 1990, la fonte des glaciers et l’augmentation des précipitations ont renforcé cette division verticale. En conséquence, la limite supérieure des eaux profondes s’est rapprochée, se situant aujourd’hui à environ 40 mètres de la surface.

Des défis avec les transformations environnementales

Même si l’océan Austral absorbe actuellement beaucoup de CO₂, son fonctionnement pourrait évoluer à cause des changements environnementaux. Depuis 2015, on observe une hausse généralisée de la salinité en surface, rendant les couches supérieures plus susceptibles de se mélanger avec les eaux plus profondes. Si ce découplage venait à disparaître, une remontée massive des eaux riches en carbone pourrait se produire.

Ce retournement pourrait transformer l’océan, passant d’un puits de carbone à une source notable d’émissions de carbone. Les niveaux de dioxyde de carbone dans les eaux profondes étant nettement plus élevés que ceux de l’atmosphère, leur libération accentuerait considérablement le réchauffement si ces eaux se mélangeaient avec la surface.

Du côté de la recherche et des observations

Les données sur ces phénomènes ont été recueillies entre 1972 et 2021 lors de multiples campagnes océanographiques. Une analyse parue dans Nature Climate Change a mis en lumière l’importance de la stratification et ses répercussions possibles sur le climat global. Par ailleurs, une autre étude relayée par PNAS a souligné la vulnérabilité croissante des couches superficielles face aux transformations actuelles.

Les observations mentionnées dans un article d’Eurekalert suggèrent que la résistance apparente de la stratification pourrait être sous-estimée par certains modèles climatiques. Pour mieux comprendre ces dynamiques, des missions internationales comme Antarctica InSync se consacrent au suivi détaillé des évolutions de cet océan, en particulier durant l’hiver austral.

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