Vous pensiez recycler vos pots de yaourt ? Vous vous trompez

Chaque année, la France consomme 15 milliards de pots de yaourt, mais moins de 7% sont recyclés efficacement.

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Vous pensiez recycler vos pots de yaourt ? Vous vous trompez | RSE Magazine

Le recyclage des pots de yaourt, même s’il joue un rôle déterminant pour limiter notre empreinte écologique, se complique sérieusement en France. Chaque année, 15 milliards de pots de yaourt et desserts lactés sont consommés dans le pays, soit environ 170 pots par habitant. Le matériau principalement utilisé, le polystyrène, pose de sérieux problèmes environnementaux et sanitaires. Alors que les projets de recyclage peinent à prendre forme, l’État et les industriels cherchent des solutions viables pour améliorer la situation.

Les galères du polystyrène

Le polystyrène est très critiqué pour sa toxicité et pour sa mauvaise influence sur la nature, illustrant la tension entre impératifs sanitaires et environnementaux. Classé comme cancérigène probable par l’OMS, il représente un danger pour la santé humaine et pour notre environnement, avec des impacts sanitaires graves. Il se retrouve en effet parmi les dix déchets les plus retrouvés sur les plages et au fond des mers. Sa légèreté et sa tendance à se fragmenter en petits morceaux en font un polluant redoutable pour les écosystèmes marins, semblable aux microparticules de plastique. Henri Bourgeois-Costa explique que « le recyclage mécanique ne marche pas en raison de la capacité du polystyrène à se casser », ce qui finit souvent « en incinération ou en décharge ».

Des alternatives au polystyrène

Face à ces critiques, certaines entreprises – Danone par exemple – ont opté pour le polytéréphtalate d’éthylène (PET), une méthode de recyclage plus efficace. Ce matériau est moins toxique et se recycle plus facilement. Pourtant, la majorité des pots restent encore fabriqués en polystyrène.

Les essais du recyclage chimique

Depuis 2020, Citeo travaille sur une filière de recyclage chimique avec des installations en Espagne et en Belgique. L’usine d’Indaver recourt à la pyrolyse pour traiter ces matériaux, avec un objectif de 8 000 tonnes par an, bien loin des 60 000 tonnes utilisées chaque année.

Les ratés et les promesses non tenues

Les engagements du gouvernement français et des industriels n’ont pas encore porté leurs fruits. Même si, il y a cinq ans, on avait promis de ne pas interdire le polystyrène, aucune filière française de recyclage n’a émergé. Des projets intéressants, comme celui de Michelin avec Pyrowave, ont fini par être abandonnés. Une ancienne salariée du consortium explique qu’il est presque impossible de monter une telle filière en moins de cinq ans.

Le coup de pouce du gouvernement et les vues d’avenir

Malgré ces obstacles, l’État continue d’investir dans le recyclage chimique avec 500 millions d’euros d’aides dédiées à ce domaine. L’objectif affiché est d’atteindre 100% de recyclage des pots d’ici 2030. Emmanuel Macron a même affirmé que la France sera « le premier pays sans plastique autour de ses fruits et légumes », tandis qu’Élisabeth Borne insiste sur « la fin d’une société du tout-jetable ». Pourtant, seuls 7% des pots sont recyclés de manière efficace pour le moment.

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