Veolia réinvente le tri des déchets à la source grâce à l’IA

Le tri des déchets entre dans une nouvelle ère grâce à l’intelligence artificielle. Veolia, géant français des services à l’environnement, a annoncé le déploiement de bennes intelligentes capables de reconnaître et d’analyser les flux de déchets directement à la source. Une innovation technologique au service de la performance environnementale et de l’économie circulaire, qui place l’IA au cœur de la stratégie industrielle du groupe.

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Veolia réinvente le tri des déchets à la source grâce à l’IA
Veolia réinvente le tri des déchets à la source grâce à l’IA | RSE Magazine

L’IA embarquée dans les bennes de Veolia : un outil de tri en temps réel

Depuis novembre 2025, Veolia expérimente dans plusieurs villes françaises une technologie de tri innovante combinant caméras optiques et intelligence artificielle. Cette démarche vise à affiner le tri des déchets d’activités économiques directement dans les bennes de collecte. À Lyon, Grenoble et Valence, quatre véhicules sont déjà dotés de cette technologie qui permet, selon La Tribune du 19 novembre 2025, « une reconnaissance optique couplée à une IA conçue par Veolia ». L’objectif ? Identifier la nature exacte des déchets collectés, améliorer leur valorisation et accompagner les entreprises dans leurs obligations réglementaires. D’après Lyon-Entreprises, « plus de 30 familles de déchets » peuvent être identifiées automatiquement, depuis le bois jusqu’aux plastiques complexes.

Cette reconnaissance s’effectue à l’aide de caméras embarquées qui analysent le contenu des bennes dès la levée. Dans un communiqué de presse diffusé le 9 octobre 2025, Veolia précise que « 40 bennes équipées de caméras intelligentes et d’intelligence artificielle (IA) sont déployées partout en France » et que « plus de 12 000 clients peuvent accéder à cette technologie inédite ». Ce système fournit également aux entreprises un rapport détaillé sur la composition de leurs déchets, ce qui leur permet de mieux piloter leurs pratiques de tri. Au-delà de l’innovation technique, l’initiative s’inscrit dans un cadre légal précis. Le décret n°2021-1199 oblige, depuis janvier 2022, les entreprises à caractériser leurs déchets chaque année et à conserver une preuve de cette caractérisation. Veolia répond ainsi à une demande croissante de solutions automatisées, fiables et conformes aux exigences réglementaires.

Une réponse aux enjeux environnementaux et économiques

Le recours à l’IA pour améliorer la gestion des déchets ne relève pas du gadget. Il s’agit d’un outil stratégique pour répondre aux grands défis environnementaux actuels. En augmentant la qualité du tri, Veolia accroît la part des matériaux recyclables, réduisant par la même occasion les volumes de déchets enfouis ou incinérés. Selon un article du site Veolia.fr, le robot de tri Max-AI® développé par le groupe réalise jusqu’à 3 600 gestes de tri par heure, contre 2 200 pour un opérateur humain. Dans l’agglomération toulousaine, cette technologie a également un impact économique direct. Elle permet aux entreprises de réduire leurs coûts de traitement, comme l’a précisé La Dépêche.

La possibilité d’ajuster la fréquence des collectes, de mieux dimensionner les contenants et d’orienter les flux vers les filières adaptées devient un atout opérationnel pour les clients. Par ailleurs, la solution développée par Veolia offre des bénéfices collatéraux importants : amélioration de la signalétique interne, formation des salariés, optimisation des circuits de collecte. En renforçant la traçabilité et la transparence, l’IA facilite l’ancrage de pratiques durables dans la culture des entreprises. À terme, ces innovations devraient favoriser une transition plus fluide vers une économie circulaire pleinement opérationnelle.

Des premiers effets aux prochaines étapes du déploiement

À ce jour, Veolia a mis en service 40 bennes intelligentes sur le territoire français, selon les chiffres officiels publiés le 9 octobre 2025. Cette première phase de déploiement vise plus de 12 000 clients, majoritairement issus du secteur privé. Grâce à son système de reconnaissance, l’IA permet d’identifier plus de 30 types de déchets différents avec une précision croissante. Cela ouvre la voie à des pratiques de tri plus fines et à une valorisation plus efficace des matières collectées. Cependant, certaines limites subsistent. Le périmètre géographique reste encore restreint : les premières expérimentations ont lieu en Auvergne-Rhône-Alpes, dans la région toulousaine et dans le Grand Est.

Le coût d’installation des équipements, caméras, IA, infrastructure numérique, peut aussi constituer un frein pour les petites structures ou les collectivités locales. Sur le plan technologique, la reconnaissance visuelle atteint ses limites lorsque les déchets sont fortement souillés ou mélangés. Malgré la performance de l’IA, certains flux complexes restent difficilement identifiables sans intervention humaine ou tri mécanique complémentaire. Il faudra donc affiner les algorithmes et enrichir les bases de données pour dépasser ces obstacles. Mais Veolia entend poursuivre l’extension de ce modèle. Le groupe prévoit d’intégrer progressivement cette solution à d’autres types de déchets, notamment ménagers ou industriels. L’IA pourrait à terme prédire les flux entrants, ajuster dynamiquement les tournées ou encore piloter la valorisation matière en temps réel. En s’appuyant sur ces outils, Veolia affirme sa position de leader dans la transition écologique appliquée à la gestion des déchets.

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