Urgence absolue : le monde n’a plus que 3 ans pour éviter le pire

D’ici trois ans, notre budget carbone pourrait être épuisé, entraînant des conséquences catastrophiques pour notre planète.

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Urgence absolue : le monde n’a plus que 3 ans pour éviter le pire
Urgence absolue : le monde n’a plus que 3 ans pour éviter le pire © RSE Magazine

Un signal d’alarme important a été lancé par un groupe de 61 scientifiques internationaux, qui avertissent que le budget carbone de notre planète pourrait être épuisé d’ici trois ans. Ce risque laissera sans doute dépasser le seuil de 1,5 °C de réchauffement planétaire pendant plusieurs années d’affilée, avec des retombées désastreuses pour notre climat et nos écosystèmes.

Une étude qui fait réagir

L’étude, parue le 19 juin dans la revue Earth System Science Data, fait le point sur les indicateurs géophysiques majeurs du changement climatique. En 2023, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un niveau jamais vu auparavant, avec 55 milliards de tonnes d’équivalent CO2, ce qui montre bien qu’une action rapide est indispensable. Les chercheurs estiment que 90 % du réchauffement est lié aux activités humaines, notamment à l’usage toujours plus intense des énergies fossiles et à la déforestation.

Le dioxyde de carbone (CO2) continue de s’accumuler dans l’atmosphère, pendant que l’absorption de CO2 par la Terre diminue. Le phénomène El Niño a aussi contribué à faire grimper les températures mondiales en 2023 et 2024, alors que La Niña n’a pas eu l’effet refroidissement escompté. De plus, les variations naturelles des températures dans les océans Atlantique et Austral viennent amplifier ces hausses.

Prévisions inquiétantes pour le budget carbone

Le budget carbone restant est passé de 500 à 130 milliards de tonnes de CO2 entre 2020 et 2025. Si les émissions se maintiennent au rythme actuel, ce budget sera épuisé dans moins de trois ans. Le méthane joue également un rôle dans l’accélération de ce phénomène. Comme le souligne Pierre Friedlingstein : « C’est évident que si l’on continue d’émettre à cette allure, le budget carbone atteindra zéro d’ici trois à quatre ans. »

Conséquences sur les écosystèmes et appel à agir

L’excès de chaleur dérègle complètement l’équilibre énergétique de la planète. L’océan, qui absorbe 91 % de cette chaleur, se réchauffe sans relâche. Depuis 1901, le niveau de la mer a grimpé de 22,7 cm, accélération qui a presque multiplié par quinze ce rythme ces six dernières années. Les phénomènes météorologiques extrêmes se font de plus en plus forts, menaçant tant les écosystèmes marins que les communautés côtières vulnérables.

Les chercheurs demandent une réduction très rapide des émissions de gaz à effet de serre. Valérie Masson-Delmotte insiste sur « l’importance des choix futurs pour limiter le réchauffement » afin de protéger les générations à venir.

Une réponse mondiale et les initiatives internationales

L’Afrique est particulièrement touchée par ces transformations climatiques extrêmes qui mettent directement en danger les vies et les moyens de subsistance sur le continent. Par ailleurs, seulement 25 pays, représentant environ 20 % des émissions mondiales, ont envoyé leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDN) révisées avant la COP30 qui approche.

Seul le plan présenté par le Royaume-Uni répond aux exigences de l’Accord de Paris pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux d’avant l’industrialisation. Les pays du G20, responsables d’environ 80 % des émissions mondiales, n’ont remis que cinq plans pour 2035 – ceux du Canada, du Brésil, du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni.

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