La découverte de la comète 3I/ATLAS, le troisième objet interstellaire repéré par les scientifiques, fait grand bruit dans le milieu astronomique. Repérée en juillet dernier, cette comète d’origine extra-solaire traverse notre système solaire, tout comme Oumuamua en 2017 et Borissov en 2019. Son passage derrière le Soleil et son passage au périhélie le 29 octobre ont permis de recueillir de nouvelles informations pour mieux comprendre ses caractéristiques.
Caractéristiques et observations
La comète 3I/ATLAS n’a rien montré d’inattendu après son périgée, malgré l’hypothèse de l’astrophysicien Avi Loeb selon laquelle elle pourrait s’être fragmentée en au moins seize morceaux. Le radiotélescope sud-africain MeerKAT a relevé un signal radio aux fréquences de 1 665 et 1 667 mégahertz, signal attribué à l’absorption par les radicaux hydroxyle (OH) présents dans sa “chevelure”. Ces mesures concordent avec la désintégration des molécules d’eau éjectées par la comète.
Les mesures précises enregistrées par MeerKAT indiquent un flux de crête pour la ligne à 1665 MHz de -8,4 +/- 3,1 mJy et pour celle à 1667 MHz de -14,2 +/- 3,4 mJy. La vitesse héliocentrique relevée était de -15,59 +/- 0,16 km/s pour 1665 MHz et -15,65 +/- 0,17 km/s pour 1667 MHz. Ces données rappellent celles observées pour les comètes ayant déjà perdu une bonne partie de leur eau.
Hypothèses et polémiques autour de 3I/ATLAS
Avi Loeb a lancé une idée qui a fait jaser : il se demanderait si 3I/ATLAS ne serait pas un vaisseau spatial extraterrestre, rapporte Futura Sciences. La majorité des chercheurs, en revanche, estime que cette comète est un phénomène naturel qui ne présente rien d’artificiel. Patrick Michel, astrophysicien reconnu, souligne qu’une trajectoire inhabituelle ne peut logiquement pas être attribuée à des moteurs artificiels.
Par ailleurs, les réseaux sociaux ont vu circuler des rumeurs évoquant une éventuelle collision avec la Terre ou même l’arrivée d’une civilisation disparue. Des vidéos créées par intelligence artificielle ont contribué à amplifier ces spéculations, qui reposent sur de simples suppositions. Un directeur de recherche en microbiologie de l’Inserm a précisé qu’une vidéo prétendant montrer la comète n’était en réalité qu’une blague mettant en scène un micro-organisme.
Regards sur les observations et le suivi scientifique
Le télescope MeerKAT a observé la comète le 24 octobre 2025, grâce à ses récepteurs de la bande L qui ont atteint une sensibilité rms de 1,5 mJy/beam dans un canal de 0,3 km/s. Les agences spatiales du monde entier surveillent cet objet interstellaire avec attention pour mieux coordonner leurs efforts notamment en ce qui concerne les risques potentiels d’un passage trop près de la Terre.
Il est à noter que lors des sessions d’observation du 20 septembre et du 28 septembre 2025, MeerKAT n’avait pas enregistré de lignes OH significatives, ce qui rend les récentes mesures d’autant plus intéressantes pour les astronomes.








