En 2025, une opération notable a eu lieu à Berlin : l’entreprise agricole allemande Osterland Agrar a fait don de 4 000 tonnes de pommes de terre, rapporte BFMTV. Ce geste faisait suite à des conditions météo exceptionnellement favorables qui ont mené à une production record de 13 millions de tonnes de pommes de terre en Allemagne cette année-là, et a mis en lumière les défis économiques posés par un tel excédent agricole.
Récolte record : ce que ça signifie
La récolte de pommes de terre en 2025 a battu des records en Allemagne, dépassant un précédent sommet vieux de 25 ans. Une augmentation de 7 % de la surface cultivée a contribué à ce surplus, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande. Les industriels de la chips, de la frite ou de la purée n’ont pas réussi à absorber toute la production, ce qui a entraîné une forte baisse des prix sur les marchés, soulignant l’importance d’une meilleure gestion des stocks. À la fin de 2025, les cours de la pomme de terre variaient de 0,50 à 4 euros les 100 kg selon les pays, une situation économique difficile pour beaucoup.
L’annulation d’une grosse commande par une usine de frites néerlandaise a laissé Osterland Agrar avec 4 000 tonnes de tubercules sur les bras, initialement prévues pour l’exportation vers les Pays-Bas. Plutôt que de se laisser abattre, l’entreprise a transformé ce contretemps en opportunité en distribuant gratuitement ces pommes de terre aux habitants de Berlin.
À Berlin, une distribution solidaire
Fin janvier, des sacs en papier remplis de pommes de terre ont été déposés devant un restaurant près de la Rosenthaler Platz et à la Freie Universität à Berlin. Un panneau à l’entrée : « Des pommes de terre gratuites, car le chemin du cœur passe par l’estomac », invitait chaleureusement les passants à se servir.
Plusieurs acteurs se sont mobilisés. Le Berliner Morgenpost a piloté la communication et la distribution, Ecosia a assuré le transport, et RiffReporter, un média local, a réalisé un reportage détaillé. La banque alimentaire de Berlin a aussi reçu une partie des dons, renforçant le partage dans une ville de plus de 4 millions d’habitants (l’équivalent d’1 kg par personne).
Initiatives et réactions au-delà des frontières
En France, on a observé une augmentation similaire de 10 % de la surface cultivée, portant la production à 8,8 millions de tonnes en 2025, contre 7,7 millions l’année précédente. Le CNIPT (l’interprofession de la pomme de terre, décrite comme le « premier exportateur mondial ») a souligné la difficulté de la situation. François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques au CNIPT, a déclaré que « l’idée de les jeter est difficile à supporter émotionnellement », soulignant l’engagement humain et opérationnel des producteurs confrontés à ce surplus.
Des réponses locales se sont organisées en France. À Penin, un agriculteur a mis à disposition environ 90 tonnes de pommes de terre pour que les habitants puissent se servir librement. Plus tard dans l’été, 270 tonnes ont été transformées en 50 tonnes de purée en flocons par l’usine Mousline de Rosières-en-Santerre, sous la coordination de Solaal Hauts-de-France, pour distribution aux associations d’aide alimentaire.








