L’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA) a récemment annoncé qu’elle allait réduire fortement son nombre d’employés, ce qui inquiète quant aux répercussions sur la préservation de l’environnement. La nouvelle, diffusée le vendredi 18 juillet, arrive alors que l’administration Trump a décidé de couper drastiquement le budget. Tandis que les défenseurs de la nature tirent la sonnette d’alarme, cette décision pose de sérieux interrogations sur l’avenir de la politique environnementale aux États-Unis.
Une réduction sous la pression des finances
Selon l’annonce, l’EPA envisage de diminuer ses effectifs de 22,9 %. En janvier, l’agence employait 16 155 personnes, et ce chiffre devrait tomber à 12 448, illustrant des pertes d’emplois significatives. Cette diminution s’inscrit dans le cadre d’importantes coupes budgétaires imposées par le gouvernement Trump, qui vise à réduire le budget de l’agence de plus de 50 %. Lee Zeldin, à la tête de l’EPA et proche du président Trump, a expliqué que cette mesure permettrait à l’agence « de mieux remplir sa mission tout en gérant de manière responsable l’argent des contribuables ».
Les économies attendues se chiffrent à environ 750 millions de dollars (soit environ 650 millions d’euros). Toutefois, ces mesures font craindre aux militants de la protection de l’environnement une aggravation de la qualité de l’air et une amplification des catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique.
Un pas en arrière pour l’environnement
L’administration Trump a déjà entrepris plusieurs mesures environnementales controversées. On peut notamment citer l’assouplissement des règles sur les polluants dits « éternels » (PFAS) et la levée des restrictions sur les émissions polluantes des voitures. Ces mesures sont souvent perçues comme un revirement par rapport aux progrès réalisés auparavant.
Au sein même de l’EPA, la situation n’est pas simple. En effet, 139 employés ont été mis en congé forcé après avoir signé une lettre ouverte dénonçant que l’administration mettait en danger la population au profit des intérêts des pollueurs.
La fermeture inquiétante du bureau scientifique
Le gouvernement américain a aussi amorcé le démantèlement progressif du Bureau de recherche et développement (ORD). Ce service, qui a soutenu certaines des avancées majeures en santé publique et pour les écosystèmes, était en charge de recherches essentielles pour surveiller la qualité de l’air, de l’eau et du sol.
La décision de fermer définitivement ce bureau, validée récemment par la Cour suprême pour l’administration Trump, met en péril plusieurs décennies de progrès sur la sécurité chimique et le contrôle de la pollution. Des outils indispensables mis en place par l’ORD, comme Toxcast (un système sophistiqué de filtrage des produits chimiques) ou Ecotox (la plus grande base mondiale recensant leur toxicité), pourraient désormais disparaître.
Collaboration internationale et retombées mondiales
Malgré ces remaniements en interne, l’EPA continue de collaborer avec d’autres organismes internationaux, comme l’Agence européenne des produits chimiques et le département britannique pour l’environnement. Ces partenariats couvrent divers domaines, allant de la qualité de l’air à la toxicologie informatique en passant par les évaluations des risques liés aux produits chimiques.
Cependant, sans le soutien scientifique que fournissait autrefois son ORD, il va être difficile pour l’agence d’assumer toutes ses missions, tant sur le plan national qu’international.








