Le 30 janvier 2026, Stellantis officialise un changement d’orientation clair concernant le télétravail de ses salariés américains. À partir de fin mars 2026, l’ensemble des employés de bureau devront travailler cinq jours par semaine sur site. Cette décision marque la fin du modèle hybride généralisé mis en place après la crise sanitaire.
Télétravail : un retour encadré et progressif au présentiel
Dans un document interne intitulé « Back Together We Win », relayé par Business Insider le 1er février 2026, il est indiqué que « les salariés américains passeront à un rythme entièrement en présentiel ». Selon la même source, les cadres de niveau « Director » et au-dessus sont concernés dès la mi-février 2026, avant une extension progressive à l’ensemble des équipes. Le télétravail, auparavant largement autorisé, devient ainsi limité à des situations spécifiques.
Ce revirement s’inscrit dans une trajectoire déjà amorcée. Début 2025, environ 8 650 salariés américains avaient été invités à revenir au bureau au moins trois jours par semaine, selon ItalPassion. Le passage à cinq jours représente donc une accélération nette. En Europe également, la tendance est à la réduction du télétravail. En France, environ 8 500 salariés ont vu leur organisation évoluer dès le 1er juin 2025, avec un retour imposé d’au moins deux jours par semaine sur site et un objectif de trois jours à terme, selon L’Argus. Or, l’accord interne de 2021 autorisait jusqu’à 15 jours de télétravail par mois pour certains profils tertiaires. La marge de flexibilité s’est donc fortement réduite et devrait se réduire encore plus selon Les Echos. À Turin, en Italie, la transition est graduelle. En 2026, certains salariés peuvent encore bénéficier de deux jours de télétravail hebdomadaires, mais un retour complet au présentiel est envisagé d’ici 2027.
Fin du travail à distance : les arguments avancés par la direction
La décision de réduire le télétravail s’appuie d’abord sur des arguments managériaux. « Il est temps de retourner au bureau », a déclaré John Elkann dans une communication interne relayée par ItalPassion. La porte-parole de Stellantis, Jodi Tinson, a précisé que « la collaboration en présentiel et la connexion seront essentielles pour offrir des produits et services d’exception », selon Business Insider. Autrement dit, le management considère que la proximité physique facilite la coordination, accélère la prise de décision et renforce l’engagement autour des projets industriels
Par ailleurs, selon Business Insider, le directeur général Antonio Filosa encourage une culture de bureau « à la Silicon Valley », davantage centrée sur la présence et l’intensité du travail en équipe. Cette référence illustre une orientation stratégique : renforcer l’interaction quotidienne pour soutenir l’innovation et la réactivité. Dans cette logique, le télétravail n’est pas supprimé par principe, mais recentré sur des cas précis.
Pour autant, cette évolution soulève des enjeux de responsabilité sociale. Le télétravail avait permis à de nombreux salariés d’adapter leur organisation personnelle, parfois en s’éloignant des sites. Sa réduction peut donc avoir des impacts sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, sur les temps de transport et sur l’empreinte carbone liée aux déplacements. Dans une perspective RSE, la question se pose de l’articulation entre performance opérationnelle et qualité de vie au travail.
En définitive, Stellantis fait le choix d’un management plus incarné, privilégiant la proximité physique pour accompagner sa transformation industrielle. Ce repositionnement du télétravail traduit une conviction stratégique : pour le groupe, la performance collective passe désormais par un retour affirmé au présentiel. Reste à observer comment cette décision influencera l’engagement des salariés et l’attractivité du constructeur dans un secteur en mutation rapide.








