Sous 450 mètres de glace, ils tombent sur des créatures qu’on croyait impossibles

Sous l’Antarctique, une rivière cachée révèle des mystères millénaires et des impacts surprenants sur le réchauffement climatique.

Publié le
Lecture : 2 min
Sous 450 mètres de glace, ils tombent sur des créatures qu’on croyait impossibles
Sous 450 mètres de glace, ils tombent sur des créatures qu’on croyait impossibles | RSE Magazine

Des chercheurs ont récemment mis au jour, sous les glaces de l’Antarctique, une rivière enfouie à plus de 800 mètres sous la surface du Kamb Ice Stream. Cette rivière, qui coule lentement depuis des millénaires, éclaire d’une nouvelle manière le phénomène de fonte de la glace par en dessous. La découverte ouvre la porte à une meilleure compréhension du réchauffement climatique et de ses répercussions sur le niveau des mers.

Une expédition audacieuse dans la glace

Fin 2021, une équipe rattachée à la recherche scientifique de la New Zealand’s Antarctic Science Platform s’est lancée dans une expédition ambitieuse pour percer les secrets de l’Antarctique occidental. Après avoir traversé 1 200 kilomètres à bord de véhicules à chenilles, les scientifiques ont foré à travers le Kamb Ice Stream, atteignant ainsi une profondeur impressionnante de 500 mètres. C’est là qu’ils ont mis au jour une rivière sous-glaciaire, enfouie sous la Ross Ice Shelf, après avoir percé plus de 487 mètres dans la calotte glaciaire.

Les conditions étaient pour le moins extrêmes, avec des températures avoisinant les –10 °C (et un ensoleillement constant). Un camp temporaire équipé de laboratoires résistants aux intempéries a permis aux chercheurs de mener leurs investigations dans cet environnement difficile.

Des caractéristiques étonnantes pour une rivière singulière

La rivière possède des dimensions impressionnantes : elle atteint la hauteur d’un immeuble de 30 étages et s’étend sur la largeur d’un pâté de maisons. Formée d’un mélange d’eau douce et d’eau de mer, elle se dirige lentement vers l’océan. Des échosondages montrent que le canal fait environ 100 mètres de haut et 200 mètres de large.

Les chercheurs estiment que la rivière connaît des sursauts d’activité, environ une fois par décennie, lorsque des lacs voisins se déversent à l’intérieur. Ces épisodes transforment le système souterrain en un réseau complexe. On observe un mince filet d’eau douce — moins d’un mètre cube par seconde — qui s’écoule sous le glacier vers la mer, un débit bien inférieur à ce que prédisaient les modèles existants.

Découverte surprenante de vie et répercussions écologiques

Au terme du forage, l’équipe n’a pas trouvé que de l’eau, mais aussi une école inattendue de créatures ressemblant à des homards, située à 400 kilomètres de l’océan ouvert. Cette trouvaille soulève des interrogations sur les écosystèmes cachés qui pourraient se développer dans ces cavités isolées.

Ces sursauts d’eau peuvent creuser des canaux dans le massif glaciaire, accélérant ainsi la fonte de la glace et déplaçant des nutriments indispensables pour nourrir ces milieux cachés. Selon Huw Horgan, chef de l’expédition, « les cours d’eau sous-glaciaires jouent un rôle central dans la fonte de la plate-forme de glace ». Tout processus amincissant cette barrière flottante risquerait de précipiter la disparition de vastes étendues de glace intérieure.

Enjeux globaux et perspectives à venir

La fonte des glaciers provoquée par ces rivières souterraines pourrait faciliter un glissement rapide des glaciers terrestres dans l’océan, ce qui ferait monter le niveau des mers. Ce phénomène risque d’entraîner davantage d’inondations côtières lors d’intempéries et de mettre une pression supplémentaire sur nos réseaux alimentaires et sanitaires.

Si nous ne pouvons empêcher ces phénomènes naturels, il reste possible de mieux se préparer en diminuant notre empreinte carbone et en modernisant nos infrastructures pour faire face aux défis climatiques à venir. Par exemple, installer des panneaux solaires avec batteries ou améliorer l’isolation permet de réduire notre consommation.

D’ores et déjà, l’équipe prévoit un retour lors de l’été austral 2025-26 pour installer des instruments qui mesureront divers paramètres, afin d’approfondir notre compréhension du phénomène. Cette recherche, publiée dans Nature Geoscience, apportera de précieuses informations pour anticiper ce que nous réserve l’avenir de notre planète bleue.

2 réflexions au sujet de “Sous 450 mètres de glace, ils tombent sur des créatures qu’on croyait impossibles”

  1. Restez rigoureux dans vos raisonnements.
    Il y a changement climatique, nous sommes d’accord.
    Mais cette rivière sous banquise SEMBLE couler depuis des millénaires (peut-être), cf l’article.
    Donc elle ne change rien au climat de ce dernier siècle ou même du précédent.
    Nos attitudes de prudence écologiques concernent la banquise « superficielle » ou la température des océans, ces appels à l’écologie sont superflus.
    Mais bon l’IA brode souvent.

  2. Ses informations sont très pertinentes quant aux répercussions des changements climatiques sur le futur des océans

Laisser un commentaire