Les effets du réchauffement continuent de préoccuper scientifiques et grand public. Une nouvelle étude dirigée par Peter Cox à l’Université d’Exeter, en collaboration avec l’Université de Reading, révèle un aspect souvent passé sous silence : la baisse de la pollution atmosphérique. Cette recherche s’appuie sur des données satellites collectées par la NASA entre 2001 et 2019. Alors que la lutte contre les émissions polluantes se poursuit, cette découverte soulève d’intéressantes questions sur l’équilibre entre le nettoyage de l’air et les variations de température terrestre.
Des conclusions qui font réfléchir
L’étude indique qu’environ deux tiers du réchauffement actuel pourraient être liés à la baisse des émissions de dioxyde de soufre (SO₂). Ce gaz, reconnu pour ses effets néfastes sur la santé et l’environnement, joue également un rôle moins attendu dans le climat planétaire. En se réduisant, il modifie l’albédo terrestre, ce qui permet de piéger davantage de chaleur dans l’atmosphère et de faire grimper les températures.
La recherche met aussi en lumière l’influence directe du dioxyde de soufre sur la formation des nuages. Habituellement, le SO₂ aide à agrandir les gouttes d’eau dans les nuages, créant des nappes plus grandes et plus blanches capables de renvoyer efficacement le soleil (du coup, la Terre capte moins de chaleur). Moins de SO₂ signifie des nuages plus sombres et moins réfléchissants, ce qui augmente la diminution de la réflexion solaire.
Discussions parmi les scientifiques
Les experts s’interrogent sur l’ampleur exacte du réchauffement lié à cette baisse de SO₂. Peter Cox estime que « l’effet réchauffant atteint actuellement son maximum » et pourrait ensuite diminuer. Quant à la professeure Laura Wilcox de l’Université de Reading, elle précise que « le soufre provoque uniquement des nuages plus grands, mais pas plus blancs ».
Cette discussion rejoint l’accord général selon lequel la diminution du SO₂ a tendance à réchauffer l’atmosphère, même si mesurer précisément sa contribution au réchauffement reste un challenge.
Ce que cela pourrait changer pour demain
Si les résultats présentés par Peter Cox sont exacts, le rythme actuel du réchauffement pourrait finir par ralentir lorsqu’on atteindra le pic de cet effet, avant de décliner. Il faut cependant se rappeler que le tiers restant du réchauffement est causé par d’autres gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone (CO₂) et la diminution de la capacité d’absorption de CO2. Même si certains aspects du réchauffement pourraient se stabiliser temporairement, il appartient aux gouvernements et aux sociétés de redoubler d’efforts pour réduire ces émissions nocives et les inégalités de richesse.








