Scène glaçante dans l’Arctique : les ours polaires ne trouvent plus rien à manger

La population d’ours polaires dans l’ouest de la baie d’Hudson a chuté de 30 % depuis 1987.

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Scène glaçante dans l’Arctique : les ours polaires ne trouvent plus rien à manger
Scène glaçante dans l’Arctique : les ours polaires ne trouvent plus rien à manger © RSE Magazine

Le futur des ours polaires semble de plus en plus incertain avec le réchauffement climatique qui bouleverse leur milieu de vie habituel. Une étude récente dans la baie d’Hudson au Canada montre bien les défis que ces impressionnants prédateurs rencontrent pour subsister. La disparition rapide de la glace marine force ces ours à passer beaucoup plus de temps sur terre, où l’offre en nourriture est vraiment limitée.

Un suivi rapproché des ours polaires

Pour examiner comment le réchauffement modifie le quotidien des ours polaires, une équipe de chercheurs a suivi 20 individus pendant trois ans. Avec des caméras GoPro attachées aux animaux, le projet a recueilli 115 heures de vidéos révélatrices. Ces images montrent que presque tous les ours ont perdu du poids, avec un cas où un ours a vu sa masse chuter de 36 kg.

Les vidéos illustrent bien comment ces ours s’adaptent tant bien que mal à leur nouvel environnement terrestre, un peu comme les adaptations marines des dauphins et orques. Anthony Pagano, l’un des chercheurs, explique : « Les vidéos montrent clairement l’intelligence de ces animaux qui utilisent différentes stratégies comportementales pour survivre sur terre malgré la disparition de leur proie principale. »

Comment ils se nourrissent et tentent de survivre

Privés de leurs sources alimentaires habituelles, les ours cherchent d’autres options sur la terre ferme. Selon les vidéos, ils se nourrissent de :

  • carcasses d’oiseaux
  • baies et de l’herbe
  • restes marins
  • bois de cervidés (une manière de compenser la perte de nourriture riche en énergie)

Ils se lancent aussi dans des jeux aquatiques, probablement pour rester un minimum actifs.

Malgré ces efforts d’adaptation, ces nouvelles habitudes ne compensent pas la perte d’énergie causée par l’absence prolongée de glace marine. Andrew Derocher partage son point de vue en disant : « Cette étude montre bien qu’il n’existe pas d’option alimentaire terrestre capable d’aider les ours polaires à traverser la période sans glace. »

Une réalité environnementale préoccupante

La situation se complique encore avec l’allongement de la période sans glace dans la baie d’Hudson, qui dure maintenant trois semaines de plus qu’en 1979. Cela force les ours à rester plus longtemps sur la terre ferme, où la nourriture riche en nutriments est vraiment insuffisante pour maintenir leur masse.

On estime que la population d’ours polaires dans l’ouest de la baie d’Hudson a diminué d’environ 30 % depuis 1987. La disparition progressive de la glace marine menace directement leur survie sur le long terme.

Comparaisons et appels à l’action

Des comportements similaires ont été notés chez les ours polaires du Groenland et du Svalbard, qui chassent sur la glace provenant des glaciers tout au long de l’année. Ces adaptations témoignent de mesures prises en réaction aux changements climatiques rapides.

Face à cette situation préoccupante, il faut agir sans tarder pour préserver les glaces marines restantes, en réponse à la crise climatique actuelle. La baisse drastique des émissions mondiales et une transition rapide vers des énergies renouvelables sont indispensables pour sauvegarder cet habitat vital.

Katharine Hayhoe, citée par Polar Bears International, résume bien le défi en déclarant : « Nous avons besoin de toutes les options sur la table et de toutes les mains sur le pont. » La survie des ours polaires dépend désormais non seulement de leur capacité à s’adapter, mais aussi des efforts collectifs menés par l’humanité pour lutter contre le réchauffement climatique.

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