Un vrai scandale a récemment éclaté avec la révélation par l’ONG Bloom de la contamination du thon en boîte par du mercure. Ce souci met en lumière l’absence d’actions concrètes des responsables politiques au niveau national et européen pour protéger les consommateurs. En réaction, plusieurs communes françaises se mobilisent afin de protéger la santé des écoliers face à ce problème de santé publique.
Réactions dans les communes
Huit villes françaises ont décidé de retirer le thon des cantines scolaires après cette alerte. Les municipalités concernées sont Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes. Ces villes estiment que le taux de mercure présent dans le thon est trop élevé pour être consommé par les enfants sans risque. Pour vous donner une idée : un enfant de trois ou quatre ans qui mange seulement 100 grammes de thon en boîte pourrait dépasser jusqu’à 12,5 fois la dose hebdomadaire tolérable de mercure.
Les responsables espèrent ainsi protéger leurs jeunes et encouragent d’autres communes à suivre leur initiative. Ils appellent aussi les ministères français de la Santé et de l’Agriculture à pousser pour une révision des normes européennes sur le taux de mercure autorisé dans le thon auprès de la Commission européenne à Bruxelles.
Les risques du mercure pour la santé
Le mercure, surtout sous forme de méthylmercure, est un métal lourd redoutable pour la santé. Chez les enfants, ses effets toxiques peuvent causer divers problèmes au niveau neurologique, cardiovasculaire, immunitaire, rénal et même reproductif. Pour un adulte moyen de 67 kg, consommer du thon contaminé peut faire dépasser la dose tolérable par 2,9 fois.
Les experts conseillent donc de limiter la consommation de thon, particulièrement pour les populations sensibles comme les nourrissons et les femmes enceintes. En effet, le méthylmercure peut compromettre le développement du cerveau et causer des troubles neurologiques sérieux.
Une crise environnementale qui touche aussi notre assiette
La contamination des fruits par le mercure n’est pas nouvelle. Elle est liée aux activités humaines, notamment l’exploitation minière, industrielle et la combustion du charbon. Chaque année, environ 2 500 tonnes supplémentaires de mercure sont rejetées dans l’atmosphère, avant d’être amenées dans les océans par la pluie et les échanges gazeux.
Dans l’eau, des bactéries transforment ce mercure en méthylmercure, qui est ensuite facilement absorbé par la faune marine. Le thon, en tant que prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, accumule ce composé toxique en se nourrissant de poissons déjà contaminés.
Normes actuelles et attentes pour l’avenir
D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la quantité de mercure acceptable dans les poissons est de 0,3 milligramme par kilo. Mais une dérogation autorise le thon à contenir jusqu’à un milligramme par kilo. Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux, s’interroge sur cette exception : « Pourquoi une dérogation pour le thon ? C’est parce qu’ils se sont aperçus que le thon ne pouvait pas rentrer dans cette norme ». Les communes concernées demandent désormais que cette exception soit supprimée pour aligner la limite du thon avec celle des autres poissons.
Les villes ont ainsi choisi de continuer à interdire le thon jusqu’à ce que la limite soit ramenée à 0,3 mg/kg.







