RSE : quand la stratégie ne suffit plus sans outils adaptés

Face aux impératifs climatiques et réglementaires, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se positionne comme un levier stratégique incontournable. Pourtant, l’écart persiste entre les engagements affirmés et les capacités concrètes de mise en œuvre, en particulier au sein des chaînes d’approvisionnement. Une nouvelle étude éclaire ce paradoxe structurel.

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RSE : 8 entreprises du SBF120 sur 10 ont un comité dédié
RSE : quand la stratégie ne suffit plus sans outils adaptés © RSE Magazine

Le 5 juin 2025, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, la société Ivalua, spécialisée dans les solutions de gestion des dépenses, a présenté une étude menée avec le cabinet Occurrence auprès de 517 dirigeants d’entreprises françaises. Cette enquête dresse un constat sans appel : bien que 94 % des décideurs interrogés reconnaissent la RSE comme une priorité stratégique, l’intégration de ces objectifs dans les systèmes de pilotage, notamment dans les achats et la supply chain, reste largement insuffisante.

Alignement stratégique : une adhésion massive mais partiellement structurée

L’enquête révèle une perception claire de la RSE comme axe stratégique : près de 9 dirigeants sur 10 considèrent que les achats responsables contribuent directement à la performance économique, au même titre que le recrutement, la qualité de vie au travail et la santé-sécurité. Ces thématiques figurent d’ailleurs parmi les plus citées comme prioritaires : 47 % des répondants placent la qualité de vie au travail au cœur de leur stratégie, devant la santé-sécurité (37 %) et les achats responsables (33 %).

L’analyse démontre que les dirigeants ne perçoivent plus la RSE comme un domaine périphérique, mais comme un vecteur de compétitivité. L’intégration de critères environnementaux et sociaux est désormais envisagée comme un moyen d’aligner la performance économique avec les attentes sociétales. Toutefois, cette convergence d’intention ne suffit pas à générer des transformations opérationnelles à la hauteur des ambitions.

Un déficit d’outillage et de structuration des processus RSE

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne la difficulté à traduire les intentions en actions. 50 % des dirigeants estiment que les arbitrages entre coûts et exigences environnementales sont complexes, traduisant un manque d’outils d’aide à la décision permettant d’évaluer de façon fiable les compromis économiques associés à la RSE.

Ce constat est renforcé par un déficit global de structuration : 43 % des entreprises s’appuient encore sur des outils fragmentés pour piloter leur stratégie RSE, ce qui limite fortement la visibilité sur les indicateurs clés, en particulier au sein des filières d’approvisionnement. Par ailleurs, 21 % déclarent éprouver des difficultés à adapter leurs processus achats aux dimensions RSE, tandis que 23 % ne disposent d’aucune solution spécifique pour suivre l’impact sociétal et environnemental de leurs fournisseurs. Cette réalité crée un effet d’asymétrie : les objectifs RSE sont connus et partagés, mais le manque de solutions intégrées freine leur application dans les chaînes de valeur.

Les dirigeants interrogés s’accordent à reconnaître le rôle structurant de la chaîne d’approvisionnement. 70 % la considèrent comme un levier stratégique pour la performance économique et la mise en œuvre de la RSE. Néanmoins, dans un contexte de complexité croissante des flux logistiques, 69 % des décideurs anticipent une gestion plus difficile de leur supply chain d’ici fin 2025, en raison des tensions géopolitiques, des hausses de coûts matières et des incertitudes réglementaires.

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