Qu’attendent vraiment les jeunes des entreprises ?

L’entreprise est attendue sur sa capacité à créer un environnement protecteur.

Publié le
Lecture : 2 min
Avec la Maison des Jeunes Talents, LBP AM soutient les élèves de classes préparatoires
Qu’attendent vraiment les jeunes des entreprises ? | RSE Magazine

Santé mentale, sens, insertion, protection : la jeunesse française ne demande pas moins de travail. Elle demande autre chose. Une enquête récente menée auprès de 5 000 jeunes de 15 à 29 ans révèle des attentes profondes à l’égard des entreprises.

Une entreprise qui protège avant de performer

Premier enseignement : la santé mentale devient une priorité absolue, selon l’étude « Jeunesse(s) » publiée le 17 février 2026 par le Cercle des économistes avec le cabinet Elabe. Trois jeunes sur dix déclarent rencontrer régulièrement des problèmes de santé mentale. Ce chiffre n’est pas anodin. Il traduit une fragilité structurelle, aggravée par l’accumulation des crises.

Dans ce contexte, 47 % des jeunes estiment que la priorité des entreprises doit être de réduire le stress et de protéger la santé mentale au travail. Autrement dit, la performance économique ne suffit plus. L’entreprise est attendue sur sa capacité à créer un environnement protecteur.

Ce basculement est fondamental. La génération interrogée ne sépare plus travail et bien-être. Elle considère que l’organisation du travail, la culture managériale et la pression hiérarchique ont un impact direct sur l’équilibre psychique. Pour les directions RSE, cela signifie que les politiques de prévention des risques psychosociaux ne peuvent plus être périphériques. Elles deviennent centrales.

Une insertion professionnelle sécurisée

Deuxième attente forte : l’accès à l’emploi. L’entrée sur le marché du travail est vécue comme une épreuve. 51 % des jeunes la jugent angoissante. Et 56 % estiment qu’il s’agit d’une étape difficile à réaliser, souligne l’étude « Jeunesse(s) » du Cercle des économistes. Ce sentiment n’est pas abstrait. Il est nourri par la précarité, la peur du déclassement et la crainte d’un marché du travail plus dur et moins protecteur. Un jeune sur deux pense d’ailleurs que le travail sera à l’avenir plus pénible et moins sécurisé.

Dans ce contexte, 45 % souhaitent que les entreprises favorisent davantage l’insertion par le recrutement de premiers emplois et de stages. Chez les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, cette attente monte à 50 %. L’entreprise est donc perçue comme un acteur clé de l’égalité des chances. La RSE, ici, ne relève pas de la communication. Elle implique des engagements mesurables : volume d’alternants, politique d’embauche des jeunes diplômés, accompagnement des parcours, mentorat, lutte contre la précarité contractuelle.

Du sens avant le salaire

Contrairement aux clichés, le travail conserve une place centrale. Plus de huit jeunes sur dix le définissent d’abord comme un moyen de gagner leur vie et d’être indépendants. L’attachement au travail est donc réel. Cependant, la définition de la réussite évolue. Sécurité, équilibre, impact social prennent le pas sur la seule progression salariale. Les jeunes ne rejettent pas l’entreprise. Ils en redéfinissent les critères de légitimité.

Par ailleurs, 75 % surveillent leur budget en permanence et près d’un sur deux redoute des difficultés pour boucler ses fins de mois. Cette tension économique explique en partie la quête de stabilité. Mais elle ne se traduit pas par une obsession du revenu maximal. Elle s’accompagne d’une recherche de cohérence. Pour les entreprises, cela signifie que la promesse employeur doit articuler rémunération, stabilité et contribution sociétale. Une politique RSE crédible devient un facteur d’attractivité, notamment dans les secteurs en tension.

Laisser un commentaire