Depuis trois décennies, le niveau des mers progresse de manière continue. Grâce à une technique originale de télémétrie laser appliquée aux satellites, des chercheurs viennent de dresser un bilan inédit de cette évolution. Leurs résultats confirment la hausse déjà connue et en précisent les causes, reliant directement le phénomène au réchauffement climatique et à la fonte des glaces.
Comment mesurer le niveau de la mer depuis l’espace ?
Mesurer la hauteur des océans n’est pas une tâche simple. Les satellites altimétriques, utilisés depuis les années 1990, observent la surface de la mer avec une grande précision. Mais il existe une autre méthode, moins connue : le satellite laser ranging (SLR). Elle consiste à envoyer un signal laser vers un satellite et à mesurer le temps mis pour revenir, ce qui permet de suivre la position orbitale du satellite avec une exactitude extrême. En interprétant ces variations, les chercheurs peuvent déduire les changements de masse de l’océan.
Cette approche a permis de reconstruire une série temporelle couvrant la période 1993–2022, relaye Phys.org. Elle complète les données fournies par les missions GRACE/FO (gravimétrie) et les mesures classiques d’altimétrie, offrant une nouvelle manière de valider les tendances globales.
Le niveau de la mer s’est élevé de 90 millimètres
Les données issues du SLR indiquent que le niveau moyen mondial des mers s’est élevé de 90 millimètres entre 1993 et 2022. Le rythme moyen est de 3,3 millimètres par an, mais il s’accélère au fil du temps. Selon le PNAS (2025), le taux lié à la seule masse océanique est passé de 1,75 ± 0,59 mm/an sur l’ensemble de la période à 2,16 ± 0,59 mm/an après 2003. La contribution à élévation du niveau de la mer de l’eau ajoutée aux océans s’intensifie.
Les chercheurs distinguent deux grandes composantes dans cette élévation. D’un côté, l’expansion thermique : l’eau se dilate en se réchauffant. De l’autre, l’apport d’eau douce venue des continents, dit effet barystatique. C’est cette dernière part qui domine aujourd’hui, représentant 60 % de la hausse totale.
Les observations indiquent que plus de 80 % de l’augmentation de la masse océanique provient de la fonte des glaces terrestres. Le Groenland contribue pour environ 0,60 mm/an, les glaciers de montagne pour une valeur similaire, et l’Antarctique pour 0,40 mm/an. Le stockage d’eau sur les continents, influencé par les retenues, les sols et les nappes phréatiques, ajoute environ 0,32 mm/an.








