L’exploration de Mars fascine depuis longtemps scientifiques et passionnés d’espace. Avec sa teinte rouge caractéristique et ses mystères anciens, la « Planète rouge », souvent appelée « notre deuxième plus proche voisine », offre une fenêtre sur la possibilité d’une vie extraterrestre, passée ou présente. Au fil des décennies, plusieurs missions ont tenté de percer ses secrets, enrichissant notre connaissance du cosmos tout en posant de grosses questions, à la fois éthiques et scientifiques.
Qui explore Mars et ce qu’ils cherchent
La NASA (National Aeronautics and Space Administration) et la CNSA (China National Space Administration) ont été en première ligne dans l’exploration martienne, envoyant des rovers pour analyser la surface. Ces engins sophistiqués servent à se déplacer sur un terrain parfois hostile et à chercher des traces de vie ainsi qu’à étudier l’environnement organique martien, contribuant à l’objectif d’autosuffisance spatiale.
Ces efforts s’inscrivent dans l’histoire de la « course à l’espace » du 20e siècle, une époque où les nations rivalisaient pour ouvrir de nouveaux horizons extrasolaires.
Les règles et la protection de Mars
En 1967, le Traité sur l’espace extra-atmosphérique a été établi par les Nations Unies, signé notamment par les États-Unis, l’Union soviétique, et le Royaume-Uni. Selon le média IFL Science, ce traité interdit toute revendication de souveraineté sur les corps célestes, l’établissement de bases militaires et l’utilisation d’armes nucléaires dans l’espace. Il soulève aussi la question de la « contamination nuisible » des corps célestes. Pour reprendre le traité : « Les États parties au Traité doivent en conduire l’exploration de manière à éviter leur contamination nuisible. »
Le rôle du COSPAR (Committee on Space Research) est important pour poser des lignes directrices, notamment pour identifier les « régions spéciales » martiennes, zones où des mesures de protection planétaire renforcées sont jugées nécessaires.
Régions spéciales et découvertes scientifiques
Les « régions spéciales » désignent des endroits qui pourraient favoriser la croissance microbienne en raison de conditions comme la chaleur et l’humidité. Le COSPAR le précise ainsi : « Le concept de Région Spéciale a été développé comme un moyen de désigner les endroits où les conditions pourraient être propices à la croissance microbienne… ». Jusqu’ici, aucune des zones explorées ne correspond pleinement à ces critères, même si certaines, qualifiées de « régions incertaines », pourraient être reclassées après des études plus poussées.
Les RSL (recurring slope lineae), par exemple, avaient été vues comme des indices d’eau liquide, mais des recherches récentes suggèrent qu’elles proviennent d’écoulements granulaires secs, similaires aux micro-organismes extrémophiles découverts dans des environnements terrestres extrêmes. Par ailleurs, l’idée d’océans souterrains situés entre 11,5 et 20 kilomètres sous la surface martienne laisse entrevoir une possible habitabilité passée ou présente de Mars.
Dilemmes éthiques : quelles questions pour l’avenir
Le risque de contamination avant (introduction de microbes terrestres sur Mars) est aujourd’hui un sujet majeur. L’arrivée de micro-organismes terrestres pourrait compromettre les missions qui cherchent à détecter une vie extraterrestre. Le COSPAR l’alerte clairement : « Des objectifs scientifiques prioritaires… peuvent être compromis si des microbes terrestres… transportés par des engins spatiaux croissent et se répandent sur Mars. »








