Le 3 septembre 2025, une étude internationale publiée dans Nature a confirmé que la capacité de stockage géologique du CO₂ est limitée à environ 1 460 gigatonnes. Loin des projections antérieures, cette donnée réduit fortement les perspectives d’utilisation du stockage comme levier majeur dans les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Pour de nombreux groupes industriels, cette annonce fragilise une partie de leur stratégie climat.
Des limites inattendues pour le stockage de CO2
Selon l’IFP Énergies nouvelles, la quantité de CO₂ stockable sous terre ne dépasse pas 1 460 Gt. Le Financial Times rappelle que certaines estimations évoquaient jusqu’à 40 000 Gt, un écart révélateur de la surestimation passée. De plus, le Washington Post précise que la capacité réellement exploitable, une fois écartées les zones instables, atteint seulement 1 600 Gt, soit une réduction potentielle du réchauffement limitée à 0,7 °C.
Ces chiffres traduisent une contrainte forte pour les stratégies RSE : de nombreux acteurs de l’énergie, du ciment ou de la chimie comptaient sur le stockage pour compenser leurs émissions dites « incompressibles ». La révision technique oblige désormais à reconsidérer la part du CCS (Carbon Capture and Storage) dans les plans climatiques d’entreprise, au risque de voir certaines trajectoires de neutralité carbone devenir irréalistes.
Les implications directes pour les engagements RSE
Le rapport souligne que 70 % du potentiel est terrestre et 30 % océanique. Une répartition inégale qui crée une incertitude logistique : toutes les zones industrielles ne disposeront pas d’accès au stockage, ce qui limite la standardisation de la solution à l’échelle mondiale.
Dès lors, les entreprises engagées dans des trajectoires « net zéro » devront revaloriser d’autres leviers de leur RSE : amélioration de l’efficacité énergétique, électrification des procédés, investissements dans les énergies renouvelables ou encore sobriété dans la consommation. Comme le rappelle Nature, « moins de 1 500 gigatonnes de CO₂ peuvent être stockées en toute sécurité », une contrainte qui force les directions RSE à abandonner l’idée d’un enfouissement massif du carbone comme solution de long terme.
Vers une refonte des stratégies climatiques en entreprise
Pour les secteurs les plus émetteurs, la dépendance au CCS devient un risque de gouvernance. Le Financial Times note que cette technologie « sera bien moins utile qu’on ne le pensait pour contenir le réchauffement climatique ». Les indicateurs RSE fondés sur la capture et le stockage devront être révisés, sous peine de perdre en crédibilité auprès des investisseurs et des parties prenantes.
Dans ce contexte, les politiques de RSE se trouvent sous pression. Les entreprises devront redéfinir leurs trajectoires, privilégier la réduction absolue du CO₂ à la compensation et intégrer dans leur reporting extra-financier de nouveaux indicateurs de performance écologique. La science impose un signal clair : le stockage géologique ne peut plus être considéré comme un pilier central des stratégies climat en entreprise, mais seulement comme un outil d’appoint.








