Les bisons européens font un retour remarqué dans les montagnes de l’ouest de la Roumanie. Ces animaux majestueux, souvent surnommés des « écologistes à quatre pattes », ont un rôle déterminant dans la restauration des milieux naturels et dans la lutte contre le changement climatique. Leur réintroduction, lancée en 2014 dans la cordillère de Tarcu après plus de deux siècles d’absence, ouvre une nouvelle page pour la restauration écologique en Europe.
Le projet de réintroduction, ambitieux et concret
La remise en liberté des bisons a été menée en partenariat avec des organisations comme Rewilding Europe et WWF Roumanie. Aujourd’hui, une population de 200 bisons vit en liberté dans les Carpates roumaines, sur près de 50 km² de prairies, ce qui en fait l’une des plus grandes populations de bisons en liberté d’Europe.
Divers programmes de conservation ont évité l’extinction de l’espèce, qui avait presque disparu il y a un siècle, avec seulement une cinquantaine d’individus restants en captivité. Selon Eco News, cette réintroduction est considérée comme un « exemple remarquable » de récupération de la faune en Europe.
Ce qu’ils apportent à l’écosystème et au climat
Les bisons influencent fortement les paysages qui les entourent. Par leur pâturage, leur piétinement et leurs déplacements, ils créent une mosaïque de prairies, d’arbustes et de jeunes forêts, augmentant la diversité végétale de 30 % en volume et en diversité. Ils favorisent aussi la dispersion des graines et la fertilisation des sols, contribuant à un milieu plus riche et plus équilibré.
Désignés comme « héros du climat » par Rewilding Europe, les bisons contribuent fortement à la séquestration du carbone : leur activité permet de capter 9,8 fois plus de carbone dans les sols, soit 54 000 tonnes par an : l’équivalent des émissions annuelles de CO2 de 43 000 voitures à essence américaines ou de 123 000 voitures européennes.
Pour les habitants : défis et opportunités économiques
Le retour des bisons pose aussi des défis locaux. Des incursions animales, comme la destruction de pommiers dans le village d’Armenis, font craindre les agriculteurs et les éleveurs. Pour limiter ces désagréments, des mesures ont été mises en place :
- installation de clôtures électriques,
- création de systèmes d’alerte
- indemnisation financière des dégâts.
Dans le même temps, les bisons attirent les visiteurs et deviennent un atout pour l’économie locale via l’écotourisme. Les responsables du projet veillent néanmoins à restreindre un développement touristique trop intensif afin de préserver le comportement sauvage des bisons.








