Le maquereau, un poisson adoré en France, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une véritable crise écologique. La surpêche met en péril non seulement les populations de ce poisson dans les océans, mais chamboule aussi l’impact environnemental. Cette situation inquiète aussi bien les associations environnementales que les pays riverains de l’Atlantique Nord, qui prévoient de réagir pour changer la donne.
Une baisse inquiétante des stocks
Les populations de maquereaux chutent surtout à cause d’une pêche trop intensive. Six millions de tonnes ont été pêchées de manière excessive ces dernières années, mettant en danger la survie de cette espèce. Le Marine Stewardship Council (MSC), une ONG britannique dédiée à la pêche durable, n’est pas rassuré face à cette situation. Edouard Le Bart, responsable du MSC en France, rappelle d’ailleurs que l’organisation tire la sonnette d’alarme sur la surpêche depuis plusieurs années.
La diminution du maquereau nous inquiète d’autant plus qu’on atteint la fameuse « biomasse limite » (cette zone où la perte de biodiversité du poisson est compromise). Autrement dit, en cas d’inaction rapide, le maquereau risque de ne plus se reproduire suffisamment pour assurer son maintien dans les océans.
Les acteurs et leurs responsabilités
Les pays concernés par cette crise sont la France, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et les Îles Féroé. Chacun d’eux fixe ses propres quotas de pêche, souvent supérieurs aux recommandations des chercheurs, ce qui aggrave la situation. L’Union européenne joue aussi un rôle dans cette gestion complexe des ressources halieutiques.
Il y a déjà cinq ans que le MSC a retiré le label « pêche durable » du maquereau, signalant l’urgence de revoir nos pratiques. Edouard Le Bart avertit que « ce poisson est un pilier de l’écosystème et il risque de s’effondrer si on continue comme ça ».
Vers une régulation nécessaire
Face à tout cela, une réunion décisive est prévue entre les pays côtiers les 16 et 17 octobre prochains pour discuter des futures limites de captures. Les spécialistes suggèrent de réduire de 77 % les prises annuelles, afin de laisser aux populations le temps de se reconstituer.
On n’est pas des rigolos : un tiers des stocks mondiaux de poissons est aujourd’hui surexploité. Si on ne freine pas rapidement la pêche du maquereau, on court le risque de voir s’effondrer non seulement ces stocks, mais aussi tout l’écosystème marin associé.
Les conséquences sur l’économie et l’environnement
Si le maquereau venait à disparaître, les conséquences seraient lourdes, tant sur le plan économique qu’environnemental. Les producteurs de maquereaux en conserve pourraient bien être forcés de se tourner vers d’autres espèces pour pallier la pénurie, ce qui risquerait simplement de décaler le problème vers d’autres populations marines.
Edouard Le Bart déplore que les quotas fixés individuellement par chaque État dépassent souvent les recommandations des spécialistes pour une protection des espèces. Il souligne qu’il faut une action collective pour éviter un véritable désastre écologique.








