L’univers cache un secret hallucinant : un océan 140 000 milliards de fois plus grand que le nôtre

Une découverte incroyable : la plus grande réserve d’eau de l’univers, vieille de 12 milliards d’années-lumière, remet en question notre compréhension de l’origine de l’eau.

Publié le
Lecture : 2 min
L’univers cache un secret hallucinant : un océan 140 000 milliards de fois plus grand que le nôtre
L’univers cache un secret hallucinant : un océan 140 000 milliards de fois plus grand que le nôtre | RSE Magazine

En novembre 2024, des astronomes ont mis au jour une trouvaille incroyable en repérant la plus grande et la plus lointaine réserve d’eau jamais observée dans l’univers. Cette découverte renvoie non seulement à la présence notable d’eau dans le cosmos, mais elle nous pousse aussi à nous poser des questions intéressantes sur son origine et sa répartition dans l’espace-temps. La réserve d’eau se situe à plus de 12 milliards d’années-lumière de la Terre et est liée à un quasar appelé APM 08279+5255.

Un quasar aux pouvoirs exceptionnels

Le quasar APM 08279+5255 n’est pas seulement remarquable pour sa énorme réserve d’eau, mais aussi grâce à son trou noir supermassif, qui pèse 20 milliards de fois celui du soleil. Ce quasar dégagera une énergie phénoménale, équivalant à mille trillions de soleils. La détection de vapeur d’eau à un tel éloignement est inédite et montre que notre Voie lactée ne contient qu’une quantité de vapeur d’eau 4 000 fois inférieure à celle du quasar.

La vapeur d’eau entourant APM 08279+5255 s’étend sur une vaste zone gazeuse de centaines d’années-lumière et le gaz affiche une température d’environ moins 63 degrés Celsius. De plus, le gaz est 10 à 100 fois plus densément concentré que dans des environnements galactiques classiques, une situation expliquée par le rayonnement X et infrarouge intense émis par ce quasar.

Ce que cela réserve pour le gaz et le trou noir

Les observations indiquent qu’il y a assez de gaz autour du quasar pour permettre au trou noir de grossir jusqu’à atteindre six fois sa taille actuelle. Cependant, l’avenir du gaz demeure ouvert : soit il se condense pour donner naissance à de nouvelles étoiles, soit il est expulsé par le quasar. Matt Bradford, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, a d’ailleurs précisé : « L’environnement autour de ce quasar est très particulier parce qu’il produit cette envoûtante quantité d’eau. »

Les recherches ont commencé dès 2008 avec l’aide d’instruments pointus comme « Z-Spec » à l’Observatoire Submillimétrique du California Institute of Technology, situé à Mauna Kea, Hawaï. Par la suite, des observations complémentaires ont été menées via le Combined Array for Research in Millimeter-Wave Astronomy (CARMA) installé dans les montagnes Inyo, en Californie du Sud. Une seconde équipe dirigée par Dariusz Lis a également utilisé l’interféromètre du Plateau de Bure, situé dans les Alpes françaises, pour corroborer ces résultats.

D’où vient toute cette eau et quelles explorations nous attendent

L’eau dans l’univers se forme principalement par des réactions entre l’hydrogène et l’oxygène. En dehors de ce quasar APM 08279+5255, d’autres réservoirs d’eau se retrouvent dans les nuages interstellaires, sur les disques protoplanétaires, ainsi que dans les comètes et astéroïdes.

Cette découverte vient confirmer que l’eau existe de manière ancienne et généralisée dans l’univers, tout en ouvrant des pistes passionnantes sur la possible origine de l’eau terrestre et sur les chances d’y trouver une vie ailleurs. Les futures missions spatiales, notamment grâce au télescope CCAT en construction dans le désert d’Atacama au Chili, poursuivront l’exploration de ces vastes réservoirs pour mieux comprendre comment se forment et évoluent les galaxies.

Laisser un commentaire