Le 9 septembre 2025, le Parlement européen a voté en faveur d’une nouvelle loi contre le gaspillage. Ce texte s’inscrit dans la révision de la directive-cadre sur les déchets et vise à diminuer drastiquement les volumes de nourriture et de textiles jetés chaque année dans l’Union européenne. Après un accord provisoire trouvé avec le Conseil le 19 février 2025, l’adoption définitive ouvre une nouvelle étape pour la réglementation environnementale européenne.
Un cap chiffré pour réduire le gaspillage alimentaire
Le texte adopté par le Parlement fixe pour la première fois des objectifs contraignants en matière de gaspillage alimentaire. Les États membres devront réduire de 30 % les pertes dans la distribution, la restauration et les ménages d’ici 2030. Dans le même temps, une baisse de 10 % est imposée pour les déchets issus de la transformation et de la fabrication des produits alimentaires, par rapport aux volumes constatés entre 2021 et 2023. Selon le Conseil de l’Union européenne, ces cibles constituent un engagement concret afin de « mettre fin à un modèle de consommation insoutenable ».
Ces chiffres traduisent la volonté des institutions de placer la lutte contre le gaspillage au cœur de la transition écologique. Le Parlement rappelle que chaque Européen jette en moyenne 130 kilogrammes de nourriture par an. Réduire ce volume permettrait non seulement d’alléger le poids environnemental de l’alimentation, mais aussi de soulager le budget des ménages et de limiter les pertes économiques pour les producteurs.
Des ambitions revues à la baisse sous l’effet du compromis institutionnel
Lors de la première lecture, les eurodéputés s’étaient prononcés pour des objectifs plus ambitieux : une réduction de 40 % du gaspillage alimentaire des ménages et de 20 % dans le secteur de la transformation. Mais les négociations avec le Conseil ont conduit à une version révisée, jugée plus réaliste par les gouvernements. Le 19 février 2025, un accord provisoire a donc été trouvé, aboutissant aux seuils finaux de 30 % et 10 %.
Le Parlement a néanmoins souligné que cette loi représente une avancée décisive dans la lutte contre le gaspillage. Il s’agit du premier texte européen qui associe des objectifs chiffrés, des obligations de suivi et des mesures de contrôle. Les institutions considèrent que l’équilibre trouvé entre ambition et faisabilité permettra aux États de mettre en place des politiques efficaces sans freiner l’activité économique.
Une attention particulière au textile et à la fast fashion
Au-delà de l’alimentation, la loi cible le gaspillage textile, un secteur longtemps négligé dans la réglementation européenne. Le Parlement rappelle que chaque citoyen de l’Union génère environ 15 kilogrammes de déchets textiles par an, dont une grande partie provient de la fast fashion. Le recyclage reste très limité, ce qui conduit à une accumulation de déchets et à une pression croissante sur l’environnement.
La nouvelle directive impose aux États membres de mettre en place des systèmes de collecte séparée, de réemploi et de recyclage dans le secteur textile. L’objectif est de réduire les volumes incinérés ou enfouis et de stimuler le développement d’une économie circulaire.








