Loire polluée : la découverte inquiétante qui révèle l’ampleur du désastre invisible

Chaque seconde, 2 550 microplastiques envahissent la Loire, menaçant notre écosystème.

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Loire polluée : la découverte inquiétante qui révèle l’ampleur du désastre invisible
Loire polluée : la découverte inquiétante qui révèle l’ampleur du désastre invisible © RSE Magazine

La pollution par les microplastiques inquiète de plus en plus pour nos cours d’eau en Europe, tout comme les nanoplastiques dans l’Atlantique. La Loire, l’un des plus grands fleuves de France, n’est évidemment pas épargnée par ce fléau. Chaque seconde, 2 550 particules sillonnent ses eaux, montrant que cette contamination provient en amont, bien avant d’atteindre mers et océans.

Une pollution qui se faufile partout

On croyait longtemps que la dégradation du plastique en microplastiques ne se produisait qu’en mer. On sait aujourd’hui que ces minuscules fragments se forment aussi directement dans les fleuves. Cette constatation met en lumière le rôle déterminant que jouent nos cours d’eau dans la dispersion mondiale de ces particules. Mohammed Boussafir, professeur à l’Université de Tours et directeur du laboratoire GéoHydrosystèmes Continentaux (GéHCO), affirme qu’il « reste beaucoup à découvrir sur la contamination du milieu fluviatile », ce qui démontre le manque d’études pointues sur la Loire.

En 2019, la fondation Tara Océan a réalisé une vaste enquête en effectuant 2 700 prélèvements sur neuf grands fleuves européens. Les résultats montrent une présence inquiétante de microplastiques, avec entre 50 et 60 particules par mètre cube sur certains cours d’eau. Pour la Loire, on compte trois fractions de microplastiques par mètre cube d’eau, ce qui est particulièrement préoccupant vu son débit moyen de 850 m³/s.

D’où viennent ces microplastiques et comment ils dérangent la nature

Les origines de cette pollution sont multiples. On retrouve des microplastiques primaires, directement issus des granulés industriels, des microbilles contenues dans certains produits sanitaires et des fibres synthétiques qui se détachent des vêtements. Sans oublier les microplastiques secondaires, qui se forment lorsque des objets plus gros comme des bouteilles ou des sacs plastiques se fragmentent petit à petit. Comme le rappelle Mohammed Boussafir, « les plastiques sont des polymères organiques, fabriqués essentiellement à partir de produits pétroliers ». Ces substances renferment souvent des additifs comme des phtalates ou des bromures, connus pour perturber l’organisme humain et animal.

Ces minuscules particules ne se contentent pas de flotter paisiblement dans l’eau : elles se lient au plancton et aux bactéries, se glissant ainsi dans la chaîne alimentaire. Ce phénomène représente un danger non seulement pour la vie aquatique, mais aussi pour l’ensemble des espèces vivant autour.

Nouvelles recherches et appel au grand public

Face à ce problème, une étude approfondie sur trois ans va être lancée sur la Loire, financée par la Région Centre-Val de Loire. Ce projet ambitionne de mieux mesurer l’ampleur de la pollution et d’en examiner les conséquences afin de trouver des solutions adaptées.

Pour informer et sensibiliser le public, la Maison de la Loire 37 a organisé une conférence à Montlouis-sur-Loire le mardi 7 octobre à 20h30.

Chaque année, huit millions de tonnes de déchets plastiques se retrouvent dans l’océan, illustrant l’ampleur de la pollution plastique océanique – dont 80 % proviennent directement de nos terres – et cela démontre à quel point il est urgent de comprendre et d’agir sur ce phénomène invisible, mais bien présent.

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