Les Français ne croient plus au réchauffement ? L’Ademe tire la sonnette d’alarme

Près de 38 % des Français doutent de l’existence du changement climatique.

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Les Français ne croient plus au réchauffement ? L’Ademe tire la sonnette d’alarme
Les Français ne croient plus au réchauffement ? L’Ademe tire la sonnette d’alarme © RSE Magazine

Le Baromètre des représentations sociales du changement climatique, publié par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans sa 25e édition, dresse un tableau préoccupant des perceptions en France. Sorti en octobre 2024, ce rapport met en avant une nette hausse du climatoscepticisme, phénomène qui risque de chambouler les politiques environnementales et la manière dont le public perçoit les enjeux liés au climat.

Un scepticisme qui monte face au réchauffement

D’après le baromètre, 38 % des Français remettent en question l’existence même du changement climatique, soit une hausse de 7 points par rapport à 2023 et de 12 points depuis 2020. Près de 30 % des personnes interrogées estiment que les désordres climatiques proviennent de phénomènes naturels plutôt que de l’activité humaine. Depuis l’an 2000, environ un tiers des sondés demeure sceptique quant au rôle de l’effet de serre dans le réchauffement climatique. Ce doute est particulièrement répandu chez les personnes se positionnant à droite et à l’extrême droite, contrairement à celles qui se reconnaissent à gauche.

La sociologue Anaïs Rocci, de l’Ademe, explique : « tout se passe comme s’il y avait une sorte de sidération face à l’ampleur des désordres climatiques et qu’on en oubliait la vraie cause ». François Gemenne ajoute : « beaucoup de gens rechignent à accepter que nos modes de vie nous valent ces malheurs » (Reporterre).

Des ressentis différents face au dérèglement

Le ressenti des effets du changement varie selon le niveau de revenu des foyers. Ainsi, 58 % des ménages avec un revenu par unité de consommation (UC) inférieur à 1 000 € déclarent avoir vu ces effets de près, contre seulement 42 % pour ceux dont le revenu dépasse 2 500 € par UC. Cela laisse penser que les foyers plus modestes se retrouvent davantage en première ligne face aux épisodes de dérèglement comme les risques d’inondations.

Ce constat soulève la question des inégalités économiques dans la manière de vivre ces bouleversements, les ménages les moins aisés pouvant être plus directement touchés par des épisodes comme les canicules ou les inondations évoquées dans le rapport.

Des attentes toujours plus fortes vis-à-vis des pouvoirs publics

Face à la situation, les Français revendiquent des mesures fortes de la part des autorités. Environ 70 % sont en faveur d’une taxation renforcée du transport aérien – une hausse de 6 points par rapport à 2023. Par ailleurs, 84 % trouvent souhaitable d’interdire la publicité pour des produits entraînant un fort effet sur l’environnement, un chiffre qui a progressé de 4 points depuis 2023.

Enfin, une large majorité (72 %) soutient l’idée d’obliger les propriétaires à rénover et isoler leurs logements pour diminuer leur empreinte carbone. Ces chiffres montrent bien que le sentiment général pousse vers des politiques publiques ambitieuses face au changement climatique.

Le complotisme et ses conséquences

Le rapport pointe également une montée des théories du complot autour des événements climatiques extrêmes, comme les inversions climatiques. Sur les réseaux sociaux, on relève des cas de harcèlement envers les présentateurs météo et une assimilation des faits scientifiques à de la propagande.

François Gemenne met en garde en affirmant : « c’est une menace encore plus grande que le changement climatique qui plane sur notre société », insistant sur la nécessité de partager une vision commune pour aborder ces problèmes ensemble et une réduction urgente des émissions.

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