Trois mois après avoir ramené le prix de Charge E-Lec à 0,19 €/kWh, E.Leclerc franchit un nouveau palier en proposant 0,17 €/kWh depuis le 5 octobre 2026. Cela, alors même que le gazole plafonne à 2,367 €/L en moyenne, et alors que les Français sont de plus en plus nombreux à adopter la motorisation électrique (42% des immatriculations neuves de septembre 2026).
E.Leclerc fait du prix du kWh un levier de pouvoir d’achat
Depuis le 5 octobre 2026, E.Leclerc applique sur les points de recharge situés sur ses parkings un tarif de 0,17 €/kWh. Cette baisse intervient alors que la grande distribution investit de plus en plus le terrain de la recharge. E.Leclerc avait déjà abaissé son prix à 0,19 €/kWh durant l’été 2026, et Lidl avait fixé le sien à 0,18 €/kWh. En passant sous ce seuil, E.Leclerc ne cherche donc pas seulement à vendre des kilowattheures moins chers – l’enseigne transforme ses parkings en infrastructures de mobilité et fait du prix de l’énergie un nouvel argument d’attractivité commerciale. L’offre est déployée dans 330 magasins et s’inscrit dans un réseau Charge E-Lec qui compte désormais plus de 3.000 points de charge en France.
À 0,17 €/kWh, l’écart devient suffisamment important pour être visible dans le budget d’usage d’un véhicule électrique. Pour une voiture consommant 15 kWh aux 100 km, le coût énergétique se situe à environ 2,55 € pour 100 km. Avec une consommation de 18 kWh aux 100 km, il atteint environ 3,06 €. Une recharge de 50 kWh coûte 8,50 €, et une recharge de 60 kWh, 10,20 €. E.Leclerc, de son côté, résume la promesse par un coût inférieur à 3 € pour parcourir 100 km.
Cette offensive tarifaire arrive surtout au moment où l’énergie redevient un sujet de tension pour les ménages. D’après l’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations réalisé avec OpinionWay en août 2026, 87% des Français se disent particulièrement préoccupés par son prix. Le carburant est cité comme dépense énergétique par 59% des répondants, tandis que 57% déclarent avoir déjà réduit leurs déplacements en voiture individuelle. Dans ce contexte, Michel-Édouard Leclerc assume explicitement le lien entre électrification et pouvoir d’achat : « À 0,17 €/kWh, sans abonnement, on permet aux automobilistes une solution pour rouler moins cher ».
L’enjeu n’est cependant pas uniquement tarifaire. Pour les nouveaux utilisateurs, E.Leclerc crédite en tickets de l’enseigne l’équivalent de 50% du montant de la première recharge. Le dispositif révèle la double nature de Charge E-Lec : infrastructure nécessaire à la mobilité électrique, mais aussi outil de fidélisation.
Le véhicule électrique connaît un essor sur le marché français
Cette baisse tarifaire intervient à un moment où le marché des véhicules électriques enregistre des performances remarquables. En septembre 2026, 156.629 immatriculations de voitures particulières neuves ont été comptabilisées en France, soit 12% de plus qu’un an auparavant, nous apprend le cabinet AAA Data. Sur ce total, les modèles 100% électriques ont représenté 65.243 voitures, en hausse de 108% sur un an, pour une part de marché de 42%. Entre janvier et septembre 2026, AAA Data comptabilise déjà 387.338 immatriculations électriques, soit 31% du marché et une progression de 79%.
« Septembre 2026 confirme la montée en puissance des voitures neuves électriques : leur part de marché atteint 42%, au coude-à-coude avec les hybrides », observe Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data. Chez les particuliers, l’électrique a atteint 41.503 immatriculations et 47% du marché en septembre 2026. Dans les flottes d’entreprise, 16.940 voitures électriques ont été enregistrées, soit 43% des immatriculations et une progression de 76%.


