En décembre 2025, Swiss Re a publié son bilan annuel sur les catastrophes naturelles. Si le montant global des dégâts recule par rapport à 2024, l’analyse détaillée révèle des enseignements stratégiques majeurs pour la gestion des risques en entreprise. Coûts assurés records, exposition croissante des actifs et concentration géographique des sinistres interrogent directement les politiques RSE et la capacité des organisations à faire face aux chocs climatiques.
Catastrophes naturelles : un coût global en recul qui ne réduit pas le risque
En 2025, les catastrophes naturelles ont généré environ 220 milliards de dollars de pertes économiques mondiales, soit près de 205 milliards d’euros, selon Swiss Re. À première vue, cette baisse d’environ un tiers par rapport à 2024 pourrait suggérer une accalmie. Pourtant, pour les entreprises, cette évolution conjoncturelle ne traduit en rien une diminution du risque structurel.
En effet, Swiss Re souligne que ce niveau de pertes reste nettement supérieur aux moyennes historiques. La baisse s’explique principalement par une saison des ouragans moins destructrice, et non par une amélioration durable de l’exposition ou de la prévention. Les catastrophes naturelles continuent de menacer les chaînes d’approvisionnement, les infrastructures industrielles et la continuité des activités, même lorsque le coût global annuel recule temporairement.
Dans cette perspective, la volatilité des pertes constitue un défi majeur pour la planification stratégique. Les entreprises doivent intégrer le fait que des années « plus calmes » peuvent être suivies de chocs majeurs. Selon Swiss Re, cette incertitude renforce la nécessité d’approches de gestion des risques fondées sur des scénarios climatiques de long terme plutôt que sur des tendances annuelles isolées.
Catastrophes naturelles : une exposition croissante des entreprises
Du point de vue de la gestion des risques, les pertes assurées constituent un indicateur clé. En 2025, elles atteignent environ 107 milliards de dollars, soit près de 100 milliards d’euros, selon Swiss Re, d’après RTTNews. Il s’agit de la sixième année consécutive où ce seuil est dépassé, un signal clair de l’intensification du risque économique couvert par l’assurance. Selon Swiss Re, les États-Unis concentrent environ 83 % des pertes assurées mondiales en 2025, principalement en raison des incendies et des tempêtes convectives sévères.
Cette évolution reflète plusieurs dynamiques préoccupantes pour les entreprises. D’abord, la valeur des actifs exposés augmente, notamment dans les zones urbaines et industrielles à risque. Ensuite, le taux de couverture assurantielle progresse, ce qui accroît mécaniquement le montant des indemnisations. Pour les directions financières et RSE, cette concentration géographique pose la question de la dépendance territoriale. Une implantation trop marquée dans des zones à forte sinistralité peut fragiliser la performance extra-financière et financière. En outre, la répétition de pertes élevées exerce une pression sur les primes d’assurance, les franchises et les conditions de couverture, renforçant le besoin de stratégies de prévention et de réduction du risque en amont.
Les catastrophes naturelles les plus coûteuses
L’analyse des événements les plus chers de 2025 apporte des enseignements opérationnels. Les incendies de Los Angeles représentent le sinistre le plus coûteux de l’année, avec environ 40 milliards de dollars de pertes assurées, soit près de 37 milliards d’euros, selon Swiss Re relayé par Artemis.bm.
Par ailleurs, les tempêtes convectives sévères ont généré environ 50 milliards de dollars de pertes assurées en 2025. Ces phénomènes, souvent perçus comme secondaires par rapport aux ouragans, deviennent pourtant un facteur central de sinistralité. Pour les entreprises, cela implique de revoir l’évaluation des risques dits « ordinaires », mais désormais récurrents et coûteux.
Pour les entreprises engagées dans la gestion des risques climatiques, le message est clair. Les catastrophes naturelles ne sont plus des événements exceptionnels mais des facteurs permanents de risque. Intégrer ces données dans les stratégies RSE, les plans de continuité d’activité et les décisions d’investissement devient un levier essentiel pour protéger les actifs, limiter les impacts sociaux et environnementaux et renforcer la durabilité à long terme.








