Investissement : le fonds souverain norvégien n’abandonne pas l’ESG

Le fonds norvégien privilégie une stratégie d’engagement actionnarial, utilisant son poids financier pour influencer les pratiques des entreprises dans lesquelles il investit.

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Comprendre les différences entre RSE, ESG et ISR
Investissement : le fonds souverain norvégien n’abandonne pas l’ESG © RSE Magazine

Avec 1 800 milliards de dollars d’actifs, le fonds souverain norvégien (Norges Bank Investment Management – NBIM) est l’un des plus influents au monde. Depuis plusieurs années, il a fait des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) un pilier de sa stratégie d’investissement. Toutefois, en 2024, son engagement se heurte à des tensions, entre opposition politique, impératifs de rentabilité et nouvelles dynamiques économiques mondiales.

Combien d’entreprises ont été exclues du NBIM en 2024 ?

NBIM a procédé à 49 exclusions d’entreprises en 2024, un chiffre en nette baisse par rapport aux 86 de 2023. De quoi refléter un affinement des critères de sélection. Désormais, les décisions de désinvestissement s’appuient sur une analyse rigoureuse des risques financiers liés aux enjeux ESG.

Les entreprises concernées ont été exclues pour trois motifs principaux :

  • Risque climatique : certaines sociétés n’ont pas démontré d’efforts crédibles pour réduire leur empreinte carbone.
  • Droits humains : NBIM sanctionne les entreprises impliquées dans des violations graves ou ayant des politiques de gestion des risques insuffisantes.
  • Lutte anticorruption : des exclusions ont visé des entités exposées à des pratiques non conformes aux standards internationaux de transparence.

En parallèle, 16 réintégrations ont été actées après réévaluation des pratiques des entreprises concernées.

L’ESG : Un levier d’influence plus que de sanction

Le fonds norvégien privilégie une stratégie d’engagement actionnarial, utilisant son poids financier pour influencer les pratiques des entreprises dans lesquelles il investit. En 2024, NBIM a ainsi interagi avec plus de 500 entreprises, notamment dans les secteurs à fortes émissions. L’objectif : accélérer leur transition vers la neutralité carbone, que le fonds vise pour l’ensemble de son portefeuille d’ici 2050.

Cette approche se traduit également par un vote actif en assemblée générale. L’an dernier, le fonds s’est opposé aux rémunérations de 426 dirigeants, et a voté contre 5 % des résolutions d’entreprises lorsqu’il considérait que les intérêts des actionnaires et les engagements ESG n’étaient pas alignés.

Le rôle du NBIM à l’ère Trump

L’engagement de NBIM en faveur de l’ESG s’inscrit dans un contexte international de plus en plus hostile. Aux États-Unis, la nouvelle administration Trump a entrepris de déréguler plusieurs aspects des politiques ESG, tandis qu’en Europe, des voix s’élèvent pour dénoncer l’impact de ces normes sur la compétitivité.

NBIM doit de fait trouver un équilibre entre responsabilité financière et responsabilité sociétale. La réduction du nombre d’exclusions en 2024 peut être interprétée comme un réajustement stratégique plutôt qu’un désengagement.

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