Interflora visée par une amende historique pour manquements au consentement

Interflora se retrouve au centre d’une sanction d’une rare sévérité : plus de trois millions d’euros d’amende pour des pratiques jugées trompeuses par la DGCCRF. L’affaire révèle non seulement des manquements dans la vente en ligne, mais interroge aussi les engagements RSE de l’enseigne, dont la gouvernance commerciale se voit fortement remise en cause.

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Interflora visée par une amende historique pour manquements au consentement © RSE Magazine

Le 18 novembre 2025, la DGCCRF a rendu publique une sanction majeure infligée à Interflora, pointant des pratiques contraires aux règles encadrant la vente à distance. La marque Interflora, très implantée dans l’écosystème de la fleuristerie, est accusée d’avoir imposé une option payante sans consentement et d’avoir omis des informations obligatoires.

Interflora sanctionnée pour une option imposée et un défaut d’information

La sanction infligée à Interflora atteint 3 166 380 euros, comme l’a précisé la DGCCRF selon le ministère de l’Économie. Ce montant colossal résulte d’une enquête instruite par la DDPP du Rhône, laquelle a mis en évidence deux violations majeures du droit de la consommation. Selon les résultats de l’enquête, Interflora proposait sur son site une option facturée automatiquement, sans consentement exprès. L’option « Interflora+ » apparaissait en effet pré-cochée lors du parcours d’achat, ce qui ne permettait pas au client de donner un accord clair, une règle pourtant obligatoire dans la vente en ligne. « La DDPP du Rhône prononce une amende de 3 166 380 euros à l’encontre de la société INTERFLORA pour facturation d’une option sans consentement exprès du consommateur », a indiqué la DGCCRF.

En parallèle, l’enquête a révélé un second manquement portant sur l’absence d’information claire concernant la liste BLOCTEL. Interflora n’indiquait pas aux consommateurs leur possibilité de s’inscrire à cette liste d’opposition au démarchage téléphonique. Cette omission viole les obligations d’information préalables à toute vente. Ensemble, ces deux constats ont conduit à cette sanction particulièrement élevée, qui positionne Interflora parmi les entreprises récemment ciblées pour des manquements liés au consentement numérique. Les autorités rappellent ainsi l’importance de la transparence, en particulier à l’heure où la vente en ligne représente un canal majeur et où le consommateur doit pouvoir exercer un choix libre, éclairé et non influencé.

Une onde de choc RSE pour Interflora et le secteur de la vente en ligne

La sanction dépasse le cadre strictement commercial, car elle questionne directement la cohérence des engagements RSE de l’entreprise Interflora. Dans un marché où l’image de marque joue un rôle déterminant, l’imposition d’une option payante par simple pré-cochage interroge la gouvernance interne. L’affaire met en lumière une défaillance dans l’intégrité des parcours clients, alors que la transparence et le respect du consentement constituent désormais des piliers de la responsabilité numérique. Interflora doit désormais revoir ses mécanismes de vente, renforcer la conformité de ses options et clarifier ses procédures d’information afin de garantir un consentement actif et explicite.

De plus, cette sanction a un effet disciplinaire sur l’ensemble des acteurs du e-commerce. Les entreprises sont averties : les pratiques consistant à pré-cocher des options payantes ou à omettre des informations obligatoires seront désormais sanctionnées avec fermeté. La somme de plus de 3 millions d’euros est un signal puissant adressé à tout le secteur, illustrant une volonté de renforcer les contrôles en matière d’éthique commerciale. À l’heure où les consommateurs naviguent entre une multitude d’offres, la confiance devient un avantage concurrentiel. Dans ce contexte, cette affaire rappelle que les engagements RSE, s’ils ne sont pas intégrés à chaque étape de la chaîne commerciale, peuvent cesser d’être un atout pour devenir un risque réputationnel majeur.

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