Inégalités salariales : les femmes gagnent encore 14 % de moins

En 2024, malgré une légère amélioration, les inégalités salariales entre les femmes et les hommes demeurent importantes en France. D’après l’Insee, les femmes gagnent encore en moyenne près de 14 % de moins que les hommes à temps plein.

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Inégalités salariales : les femmes gagnent encore 14 % de moins © RSE Magazine

L’égalité salariale reste un pilier de la responsabilité sociétale des entreprises. Chaque année, les données de l’Insee permettent de mesurer les progrès – ou les blocages – sur ce terrain. L’étude publiée le 23 octobre 2025, consacrée aux salaires en France en 2024, montre que les écarts se réduisent à peine : le rattrapage est réel, mais lent. Entre dynamique de marché et inertie structurelle, l’égalité professionnelle demeure un défi concret pour les politiques RSE.

Les femmes gagnent encore 13,7 % de moins que les hommes

Selon l’Insee, le salaire net moyen des femmes à temps plein est inférieur de 13,7 % à celui des hommes. L’année précédente, cet écart atteignait 14,1 %. Autrement dit, si la tendance va dans le bon sens, la convergence reste lente. Le salaire médian des femmes s’élève à 2 070 euros nets par mois, contre 2 347 euros pour les hommes.

L’écart s’explique d’abord par la structure de l’emploi : les femmes restent surreprésentées dans les secteurs de services et d’administration, où les rémunérations sont plus faibles. Elles occupent aussi davantage de postes à temps partiel – un facteur déterminant qui pèse durablement sur les revenus.

Mais même en neutralisant ces effets, une différence subsiste : à poste équivalent, l’écart moyen reste autour de 5 %, précise l’Insee. Cet écart « inexpliqué » traduit les freins persistants à l’égalité salariale réelle : plafonds de verre, différences de progression de carrière, biais dans les négociations ou dans l’accès aux responsabilités.

Des inégalités renforcées en haut de l’échelle des salaires

Les écarts sont encore plus visibles lorsqu’on s’intéresse aux tranches supérieures.
Pour faire partie des 10 % de femmes les mieux rémunérées, il faut gagner au moins 4 150 euros nets par mois, contre 4 890 euros pour un homme, selon la même étude. Dans les postes de direction et d’encadrement, le fossé s’élargit : les femmes cadres gagnent en moyenne 12 % de moins que leurs homologues masculins.

Cette différence a des conséquences durables sur le patrimoine et la retraite, puisque le salaire demeure la principale composante du revenu sur toute la carrière. À long terme, ces écarts alimentent les inégalités économiques entre ménages : le revenu moyen d’un foyer dirigé par une femme reste inférieur à celui d’un foyer dirigé par un homme.

Un enjeu RSE de première importance

L’égalité salariale fait partie des critères centraux du pilier social de la RSE. Pourtant, l’étude de l’Insee montre que les progrès restent lents, malgré l’obligation légale de publier un index de l’égalité professionnelle depuis 2019. Les grandes entreprises, plus soumises à la transparence et à la pression réglementaire, tendent à réduire plus vite les écarts. Les plus petites structures, en revanche, progressent plus lentement.

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