Le syndrome de la langue étrangère (SLE) est un phénomène rare et intrigant qui a récemment fait parler de lui chez un ado néerlandais. Après une opération, ce jeune s’est retrouvé incapable de parler ou comprendre le néerlandais et ne communiquait qu’en anglais. Un cas qui laisse perplexe et qui questionne sur la manière dont notre cerveau gère le langage.
Le syndrome de la langue étrangère vu d’un angle médical
Le syndrome de la langue étrangère se manifeste par le passage temporaire d’une langue maternelle à une langue secondaire, souvent après une intervention chirurgicale. Même si on ne sait pas exactement ce qui provoque ce phénomène, l’anesthésie est fréquemment pointée du doigt. La situation se résout généralement toute seule en peu de temps, laissant tant les patients que les soignants un peu déboussolés.
Dans ce cas précis, un ado néerlandais de 17 ans a subi une opération du genou à la suite d’une blessure liée au soccer et s’est réveillé en anglais uniquement. Il était même persuadé d’être aux États-Unis, dans l’Utah pour être exact. Malgré cette confusion initiale, les tests neuropsychologiques n’ont montré aucune altération de ses capacités mentales.
Les détails du cas clinique
Pendant environ 24 heures après son opération orthopédique sous anesthésie, le jeune a perdu toute capacité de comprendre et de parler le néerlandais. Dans cet état de flottement, il éprouvait même des difficultés à reconnaître ses parents. Son passé médical révèle plusieurs incidents :
- une fracture en bois vert du radius distal en 2018,
- une fracture de la phalange proximale du cinquième doigt en 2014,
- ainsi qu’une pneumonie et divers épisodes de dysphagie idiopathique fluctuante survenus également en 2014.
L’anesthésie utilisée lors de l’intervention a été identifiée comme un déclencheur potentiel du SLE dans ce cas précis. À son réveil, le personnel médical pensait d’abord à un délire post-anesthésique, puis a sollicité une consultation psychiatrique pour éclaircir la situation.
Retour des premières réactions et résolution
Après la consultation psychiatrique, il s’est avéré que le patient était plutôt calme et pouvait répondre en anglais, même si le néerlandais lui posait encore problème pour formuler ses réponses. 18 heures après l’intervention, il réussissait à comprendre le néerlandais, mais peinait encore à bien le parler. Ce n’est qu’au cours d’une visite d’amis le lendemain qu’il a retrouvé totalement sa maîtrise de la langue.
Les médecins n’ont pas jugé utile de lancer d’autres examens neurologiques, la disparition spontanée des symptômes rassurant tout le monde. Toutefois, quelques petites plaintes concernant sa mémoire ont été relevées.
Ce que cela nous apprend et les pistes envisagées
Ce cas offre un nouvel éclairage sur le SLE, pouvant être le premier rapporté chez un adolescent. Habituellement, ce syndrome a été observé chez des hommes adultes caucasiens ayant subi des interventions similaires. Certains chercheurs pensent que ce phénomène pourrait être lié au delirium d’émergence (ED), c’est-à-dire une perturbation transitoire après l’anesthésie.







