La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a fait une découverte fascinante dans le cratère sous-marin de l’île de Maug, dans le Commonwealth des Îles Mariannes du Nord. Un corail pierreux colossal, mesuré à l’intérieur de cette caldère volcanique, présente des caractéristiques hors norme par sa taille et son âge estimé. Cette trouvaille intrigue surtout par la capacité de ce corail à résister dans des eaux naturellement acides.
Un géant sous-marin : taille et détails
Le méga-corail dépasse les 30,48 mètres de hauteur et s’étale sur une base de 60,96 mètres, confirme le magazine Science et Vie. Sa surface totale avoisine les 1 347 m², soit l’équivalent de trois terrains de basket professionnels. Plus impressionnant encore, son sommet a un diamètre supérieur à 30,48 mètres. C’est le plus grand corail de l’espèce Porites signalé à ce jour, d’autant plus remarquable que la variété Porites rus ne forme pas de bandes de croissance visibles, ce qui complique l’estimation précise de son âge.
En se basant sur une croissance approximative de 1,02 cm par an, cette colonie pourrait avoir plus de 2 050 ans, illustrant la résilience des récifs face aux conditions difficiles. Mais, comme le rappelle Hannah Barkley, scientifique en chef du programme de surveillance de la NOAA, « il est difficile de connaître le véritable âge de ce corail, car il ne produit pas de bandes de croissance comme d’autres coraux ». Des méthodes de datation plus poussées seront nécessaires pour confirmer ces estimations.
Où ça se trouve, exactement
L’île de Maug fait partie des Îles Mariannes du Nord, à environ 724 km au nord de Guam. Elle se situe dans le Monument national marin de la fosse des Mariannes, une zone protégée qui recèle de nombreuses merveilles sous-marines. L’environnement y est rude : des évents de CO₂ rendent les eaux environnantes acides. À quelques centaines de mètres seulement de ces évents se trouve une zone dite « morte », ce qui crée un contraste saisissant avec la vigueur du méga-corail.
Les scientifiques racontent souvent que nager autour des évents de dioxyde de carbone, c’est un peu comme « nager dans un verre de champagne », les bulles de CO₂ y étant si nombreuses.
La caldère de Maug est qualifiée de « laboratoire naturel » par la NOAA : elle offre l’occasion rare d’observer les effets d’un CO₂ élevé sur les récifs coralliens. Les chercheurs peuvent y comparer des communautés coralliennes soumises à différents niveaux de stress pour comprendre pourquoi ce méga-corail montre une telle résilience, soulignant l’importance de la conservation marine. L’objectif est de récolter des éléments expliquant sa capacité à prospérer malgré des conditions difficiles, afin d’éclairer les futures actions de conservation des récifs.
Les récifs coralliens fournissent aux États-Unis plus de 3,13 milliards d’euros de services écosystémiques par an et jouent un rôle majeur dans la protection des côtes, en absorbant jusqu’à 97 % de l’énergie des vagues. Pourtant, un troisième épisode mondial de blanchissement des récifs, entre 2014 et 2017, a soumis plus de 75 % des récifs mondiaux à un stress thermique, provoquant un blanchissement alarmant.
La NOAA, via son Programme national de surveillance des récifs coralliens, étudie cet écosystème indispensable depuis 2003 avec des campagnes régulières. Des relevés ont été menés en 2014, 2017, 2022 et plus récemment en 2025, qui sont nécessaires pour suivre les changements et les pressions qui pèsent aujourd’hui sur les récifs coralliens.








