Gestion de flotte : les pièces détachées d’occasion, un levier de performance économique et RSE

Dans un contexte de forte inflation des coûts automobiles, la gestion des flottes d’entreprise est devenue un exercice d’équilibriste. Entre maîtrise budgétaire, continuité d’exploitation et exigences croissantes en matière de responsabilité sociétale, les arbitrages se font plus complexes. Une solution longtemps sous-estimée émerge pourtant comme un levier structurant : le recours aux pièces détachées d’occasion.

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Gestion de flotte : les pièces détachées d’occasion, un levier de performance économique et RSE | RSE Magazine

Selon les données publiées par Valused, un véhicule sur dix ayant subi un sinistre de collision est aujourd’hui déclaré économiquement irréparable en France, non pas pour des raisons techniques, mais parce que le coût des réparations dépasse la valeur du véhicule lui-même. En cause, principalement, le prix des pièces neuves, dont la hausse contribue à accélérer la mise au rebut de véhicules encore fonctionnels. Ce phénomène concerne directement les flottes d’entreprise, dont les véhicules affichent souvent un kilométrage élevé et une valeur vénale plus faible, alors même qu’ils restent parfaitement exploitables.

Réduire le coût des réparations pour prolonger la vie des véhicules

Dans ce contexte, les pièces de réemploi apparaissent comme une réponse pragmatique. Une pièce issue de l’économie circulaire coûte en moyenne 50 % moins cher qu’une pièce neuve, tout en répondant aux exigences de sécurité et de qualité en vigueur. Cette différence de coût permet, dans de nombreux cas, de rendre économiquement viable une réparation qui ne le serait pas avec des pièces neuves, et ainsi d’éviter la sortie prématurée d’un véhicule du parc. Pour une flotte, l’enjeu est majeur : prolonger la durée de vie des actifs, limiter les remplacements anticipés et contenir le coût total de possession.

Selon Valused, un véhicule de type citadine, âgé de plusieurs années et affichant un kilométrage élevé, peut être envoyé à la casse lorsque le coût de réparation à neuf dépasse sa valeur vénale. En intégrant des pièces de réemploi dans le devis, le coût global diminue suffisamment pour permettre la réparation et maintenir le véhicule en circulation. Transposé à l’échelle d’une flotte, ce raisonnement change profondément la logique de gestion : la réparation redevient une option stratégique plutôt qu’un simple arbitrage financier défavorable.

Environnement : le réemploi pour réduire les coûts et l’empreinte carbone

Au-delà de l’impact économique, le recours aux pièces détachées d’occasion s’inscrit pleinement dans les objectifs RSE des entreprises. Le parc automobile français affiche un âge moyen de 12,1 ans, signe d’un allongement volontaire de la durée d’usage des véhicules. Dans cette logique, remplacer systématiquement des pièces par du neuf apparaît de moins en moins cohérent avec les engagements environnementaux. La réutilisation de composants existants permet de réduire significativement les besoins en matières premières, les émissions liées à la fabrication industrielle et la production de déchets automobiles. Pour les directions RSE, ces bénéfices sont directement mesurables et valorisables dans les indicateurs extra-financiers.

Fait notable, cette solution bénéficie d’une acceptabilité sociale très élevée. D’après le baromètre Valused réalisé avec OpinionWay, 91 % des automobilistes français se déclarent favorables à l’utilisation de pièces de réemploi. Pourtant, ces pièces ne représentent encore que 5,9 % des pièces utilisées en réparation-collision. Cet écart entre adhésion et usage réel s’explique notamment par l’absence de réflexe au moment du devis et par des habitudes encore ancrées dans la filière de la réparation. Pour les gestionnaires de flotte, il existe donc un potentiel important d’optimisation encore largement inexploité. Sur le plan réglementaire, le cadre est déjà en place. Depuis 2017, les professionnels de la réparation ont l’obligation de proposer une alternative en pièce de réemploi pour certaines réparations.

Dans un contexte de tension sur les budgets automobiles, marqué par la hausse des franchises, des primes d’assurance et des coûts de maintenance, les pièces détachées d’occasion apparaissent ainsi comme l’une des solutions les plus efficaces pour limiter l’explosion des dépenses sans compromis sur la sécurité. Elles participent à une approche plus sobre et plus résiliente de la mobilité d’entreprise, fondée sur l’optimisation de l’existant plutôt que sur le renouvellement accéléré des actifs.

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