Entreprises et climat : des engagements qui comptent 

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Chatgpt Image 14 Janv. 2026, 10 08 04
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Pour répondre aux enjeux climatiques, à l’évolution des attentes sociétales et aux nouvelles exigences réglementaires, les entreprises renforcent leurs engagements environnementaux. Le groupe La Poste en est un exemple récent : il a de nouveau intégré la Corporate A List Leadership du CDP, l’agence de notation de référence mondiale en matière d’action climatique.

L’environnement, pilier stratégique des entreprises

Il y a une quinzaine d’années, les engagements environnementaux des entreprises relevaient surtout de la communication institutionnelle. Compensation carbone, initiatives de recyclage ou réductions symboliques d’émissions servaient avant tout à valoriser l’image des organisations. Depuis, le climat s’est hissé au cœur des modèles économiques. Les directions générales arbitrent en intégrant les contraintes climatiques, les directeurs financiers pilotent des trajectoires carbone, les équipes achats exigent des engagements de durabilité de la part de leurs fournisseurs et les investisseurs analysent désormais la crédibilité des plans de transition.

Cette transformation s’explique par la convergence de facteurs sociétaux, réglementaires et financiers. La multiplication des événements climatiques extrêmes et les alertes scientifiques ont renforcé la sensibilité du public. Parallèlement, l’Union européenne refond le reporting extrafinancier via la CSRD et la taxonomie verte, imposant aux grandes entreprises de mesurer, documenter et publier leurs impacts environnementaux. Enfin, l’essor des notations ESG a introduit de nouveaux critères dans l’accès aux capitaux.

Les enjeux dépassent largement le seul climat : biodiversité, ressources naturelles, sobriété matérielle, économie circulaire ou adaptation figurent désormais au programme. La mesure des émissions indirectes (scope 3), autrefois considérée comme un défi méthodologique, s’est imposée comme un standard. Les entreprises doivent évaluer l’ensemble de leur chaîne de valeur et emmener leurs partenaires industriels dans la transition.

Standards et notations : l’essor d’un marché mondial du climat

L’évaluation extrafinancière s’est progressivement structurée, donnant naissance à un véritable marché international. Outre les référentiels scientifiques tels que les SBTi, des agences comme CDP, Ecovadis, MSCI ou Sustainalytics comparent les performances environnementales des entreprises. Les meilleurs scores jouent le rôle de labels implicites : ils facilitent l’accès aux financements verts, renforcent l’attractivité auprès des investisseurs institutionnels et deviennent un argument concurrentiel dans les appels d’offres.

Ces dispositifs favorisent également la vérification des engagements. Il ne s’agit plus de déclarer des objectifs, mais de démontrer l’efficacité des moyens déployés : budget carbone, rénovation énergétique, adaptation climatique, achats responsables, innovations produits, gestion des externalités… Les groupes les plus avancés sont ceux qui ont industrialisé le pilotage de leur transition.

La Poste : un cas d’école en matière de stratégie climat

C’est dans ce contexte que La Poste a été distinguée par le CDP, qui l’a de nouveau classée dans sa Corporate A List Leadership. Le groupe figure parmi les 3,7 % des 20 000 entreprises évaluées à obtenir la note maximale. Le conglomérat formé par La Banque Postale et CNP Assurances ainsi que les activités de gestion d’actifs du groupe ont également reçu cette distinction.

Selon le CDP, la force de La Poste réside dans une stratégie climat cohérente, articulée autour de deux volets : l’atténuation, qui vise à réduire l’impact de ses activités sur le climat, et l’adaptation, destinée à renforcer la résilience face aux risques futurs. Sur les 16 thématiques évaluées, le groupe a obtenu la note A dans 14 d’entre elles, un résultat qui salue la solidité de sa trajectoire carbone, le sérieux du suivi et l’efficacité des actions engagées.

Le CDP a également souligné la crédibilité du plan de transition du groupe, basé sur des objectifs chiffrés et une stratégie pensée sur le long terme. Entre 2024 et 2025, La Poste a accéléré la réduction de ses émissions, développé des offres à plus faible empreinte carbone, renforcé l’accompagnement de sa chaîne de valeur dans la transition et amélioré la quantification de ses externalités environnementales.

En complément de sa notation par le CDP, La Poste a décroché en octobre la Médaille d’Or d’Ecovadis avec un score de 83/100, soit quatre points de plus qu’en 2024. Cette progression place le groupe parmi les 5 % des entreprises les mieux évaluées au niveau mondial. L’intérêt du référentiel Ecovadis est d’élargir l’analyse au-delà du climat pour prendre en compte les achats responsables, les enjeux sociaux et la gouvernance, offrant ainsi une lecture plus transversale et équilibrée de la performance RSE des organisations.

Des actions concrètes et une trajectoire chiffrée

La Poste déploie des actions tangibles pour maintenir un niveau de performance extrafinancière dans la durée : électrification massive de sa flotte depuis 2010, budget carbone pour aligner les investissements sur la décarbonation, rénovation énergétique de son parc immobilier ou encore développement de filières de recyclage pour réduire l’empreinte matérielle. La Banque Postale et ses filiales contribuent également au financement de la transition écologique et énergétique.

Pour 2030, La Poste s’est fixé une réduction de 43,6 % de ses émissions directes et liées à l’énergie (scopes 1 et 2), ainsi qu’une baisse de 25 % de ses émissions indirectes (scope 3 : fournisseurs, transport, sous-traitance…) comparées à 2021. Conscient que le changement climatique représente un risque à moyen et long terme, le groupe prépare également son premier plan d’adaptation.

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