Emploi : la CGT dénonce l’augmentation des plans sociaux en France

Alors que les tensions sur l’emploi s’intensifient en France, la CGT dresse un état des lieux alarmant : 483 plans de suppressions de postes sont actifs et jusqu’à plus de 300 000 emplois seraient aujourd’hui menacés.

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Emploi : la CGT dénonce l’augmentation des plans sociaux en France © RSE Magazine

Le 9 décembre 2025, la CGT a dévoilé sa mise à jour nationale des restructurations en cours. Le syndicat recense désormais des centaines de plans sociaux qui pèsent lourdement sur l’emploi, dans une période où les entreprises redéfinissent leurs stratégies et où l’économie tente de maintenir un cap incertain. Avec une aggravation continue depuis 18 mois, la situation reflète un basculement profond du marché du travail, qui mobilise autant les acteurs sociaux que les territoires.

L’ampleur des plans sociaux révélée par la CGT

Le dernier pointage de la CGT fait état de 483 plans de suppressions de postes recensés en France. Ces restructurations représentent 304 639 emplois menacés, selon AEF info — un volume inédit depuis plusieurs années et qui s’inscrit dans une accélération brutale. La secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet, estime que « aucune mesure n’a été prise par les quatre Premiers ministres qui se sont succédé », une citation qu’elle a formulée lors de la présentation du bilan. Cet avertissement souligne une inquiétude persistante sur l’emploi, malgré les engagements politiques successifs, et renforce l’idée d’un cycle social de long terme marqué par des ajustements réguliers et parfois massifs.

Dans le détail, l’industrie concentre une part majeure de ces suppressions, ce qui influe directement sur l’emploi dans les bassins historiques. La carte réalisée par la CGT, reprise par Ouest-France le 9 décembre 2025, répertorie 364 sites industriels concernés depuis septembre 2023. On y observe 107 562 emplois directement menacés, dont 46 560 rien que dans l’industrie. Cette progression soutenue confirme un phénomène structurel, nourri par des fermetures d’usines devenues plus nombreuses que les créations, comme l’a rappelé La Tribune.

Une désindustrialisation rapide qui bouleverse l’économie française

L’alerte de la CGT intervient dans un contexte où l’industrie française perd ses ancrages. Selon La Tribune, les précédentes listes du syndicat recensaient 130 plans sociaux en mai 2024, puis 180 en septembre 2024, avant d’atteindre 250 en janvier 2025 et 400 à l’automne 2025. Cette progression, presque chaque trimestre, traduit un mouvement qui modifie profondément le marché de l’emploi et recompose les chaînes de valeur. En parallèle, la Cour des comptes rappelle que les aides publiques allouées aux entreprises industrielles ont atteint en moyenne 21,7 milliards d’euros par an entre 2012 et 2019, puis 34,8 milliards d’euros entre 2020 et 2022. Ces efforts financiers, jugés « peu concluants » par l’institution selon La Tribune, interrogent leur efficacité sur le maintien de l’emploi.

La CGT dénonce une logique économique qui, selon elle, encourage les restructurations. Sophie Binet affirme ainsi dans La Tribune : « Il n’a jamais été aussi facile de licencier en France alors que les multinationales vont, elles, très bien. » Cette déclaration traduit une critique directe du cadre juridique et de la politique économique actuelle. Pour le syndicat, la multiplication des plans sociaux met en lumière une dérive : des entreprises affichant des résultats solides continueraient de réduire leur masse salariale, au détriment de l’emploi et des territoires.

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