Pacte mondial de l’ONU : les entreprises françaises à la traîne

Publié le
Lecture : 2 min
Durabilite Rse Pacte Mondial Entreprises Francaises
Pacte mondial de l’ONU : les entreprises françaises à la traîne © RSE Magazine

Le réseau français du Pacte mondial de l’ONU, une initiative spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour accompagner la transformation durable des entreprises, vient de publier son rapport basé sur les données 2024. Objectif : mesurer, sur la base de près de 70 questions standardisées, les progrès concrets des entreprises françaises dans la mise en œuvre de leurs engagements RSE. Derrière les pourcentages, une réalité contrastée, parfois brutale.

Gouvernance, égalité des genres, corruption : des progrès certes, mais les entreprises françaises pourraient encore mieux faire

C’est sur le front de la gouvernance que les entreprises françaises tirent leur épingle du jeu… en apparence. Selon le rapport, « 28% de femmes en moyenne siègent dans les instances dirigeantes en France, contre 25% dans le reste du monde ». Un chiffre gonflé par l’effet mécanique de la loi Copé-Zimmermann. Les grandes entreprises du SBF120, elles, culminent à 45%. Mais cette parité est-elle suivie d’un réel pouvoir d’influence ? La CoP ne le dit pas.

Autre paradoxe : 76% des entreprises françaises déclarent soutenir l’égalité des genres, un score inférieur à la moyenne mondiale (86%). Pourquoi un tel retard ? D’après le rapport, « la rigueur des normes françaises peut dissuader certaines entreprises de redéclarer des engagements déjà obligatoires ». Plus embêtant encore : seuls 41% d’entre elles forment effectivement leurs salariés à la lutte contre la corruption, malgré la loi Sapin 2. Quand il s’agit d’agir plutôt que de cocher des cases, le vernis craque.

Environnement : des ambitions en trompe-l’œil pour les entreprises françaises

Premier poste de mobilisation dans les CoP : la transition énergétique. « 85% des entreprises françaises agissent sur l’énergie », peut-on lire dans le rapport. Le hic ? À peine 33% de leur consommation énergétique provient de sources renouvelables, contre 54% dans le reste de l’Europe. La faute à un mix encore trop nucléaire — non reconnu comme renouvelable — et à un retard sur l’éolien et le solaire.

Et que dire de la protection des océans ? Seuls 21% des entreprises tricolores s’y attellent. Même tableau pour la gestion de l’eau, avec un maigre 50%, loin derrière les 68% enregistrés dans le reste du monde. On parlera d’un « engagement à géométrie variable ».

SBF120, ancienneté et maturité : les variables cachées du Pacte mondial

À contre-courant de cette tiédeur généralisée, un peloton de tête se dessine. Les entreprises du SBF120 affichent des taux d’engagement spectaculaires : « 95% d’entre elles intègrent une rémunération variable liée à la performance environnementale », « 100% agissent sur l’énergie et le climat », et « 64 % forment leurs salariés aux enjeux de corruption ». Un quasi sans-faute… sur le papier.

L’ancienneté d’adhésion au Pacte mondial joue également un rôle clé. « 60% des entreprises françaises membres depuis plus de 16 ans ont lié la rémunération des cadres à la performance environnementale », contre seulement 19% chez les adhérents récents. De quoi faire grincer les dents sur l’efficacité réelle de l’effet d’adhésion.

Nils Pedersen, délégué général du réseau France, le résume sans détour : « À l’heure où les entreprises font face à davantage d’incertitudes réglementaires, la CoP se positionne au contraire comme un cadre robuste, international et universel. […] Elle permet à chaque entreprise de se comparer entre elles et ainsi d’accélérer la transformation de son modèle d’affaires ».

Laisser un commentaire