Les requins, souvent vus comme des prédateurs redoutables, attisent à la fois fascination et peur. Pourtant, ces créatures marines sont bien moins dangereuses pour l’homme que d’autres petits animaux comme les moustiques. Tandis que ces derniers causent environ 800 000 décès par an, les requins ont fait bien moins de victimes humaines sur un siècle. Ce qu’on ignore souvent, c’est que plusieurs espèces de requins vivent dans les eaux proches des côtes françaises, que ce soit en Méditerranée ou en Atlantique.
Une richesse inattendue le long des côtes françaises
En Méditerranée, on a recensé environ 50 espèces de requins. Ces eaux abritent entre autres le majestueux requin-pèlerin qui peut atteindre jusqu’à 8 mètres de long, sans rien menacer chez l’homme. Dans l’Atlantique, le nombre grimpe à 100 espèces, avec la plupart des requins qui ne mesurent guère plus de deux mètres. On trouve aussi quelques grands prédateurs comme le requin blanc et le requin mako, même si ces derniers préfèrent les eaux profondes, loin des plages où l’on se baigne, ce qui est étudié dans le cadre de la recherche scientifique.
Parmi les espèces recensées en France métropolitaine, on retrouve :
- le requin bordé
- le requin cuivre
- la petite roussette
- la grande roussette
- différents types d’émissoles
Ce qui souligne l’importance de la protection des espèces. Le requin-pèlerin et le requin-renard font également partie de ce panel varié, aux côtés du requin gris, du requin taureau, du redoutable requin mako et du fameux grand requin blanc.
Les eaux d’Outre-mer : un terrain de jeu pour les grands prédateurs
Les territoires d’Outre-mer français offrent un environnement unique pour observer certaines des espèces de requins les plus emblématiques. Dans leurs eaux tropicales, on peut ainsi croiser le requin-citron, le requin de récif et le spectaculaire requin marteau. On y trouve aussi le trio dangereux composé du grand requin blanc, du requin-tigre et du redoutable requin-bouledogue.
Alors que les Antilles ont été relativement épargnées par les attaques de ces prédateurs marins, l’île de la Réunion a connu une série d’incidents marquants avec pas moins de 27 attaques recensées entre 2011 et 2021, dont 11 mortelles. Ces agressions sont principalement imputées au très agressif requin-bouledogue et, dans une moindre mesure, au requin-tigre.
Le comportement singulier du requin-bouledogue
Le requin-bouledogue se distingue par une agressivité notable. Contrairement au grand requin blanc, qui préfère s’aventurer dans les eaux profondes, il se balade souvent en eaux peu profondes et peut même s’aventurer dans l’eau douce (ce qui est assez rare chez ses congénères). Ce prédateur opportuniste est à l’origine de nombreuses attaques dans des zones où la profondeur ne dépassait parfois pas celle des genoux humains.
Sa capacité à évoluer aussi bien en eau salée qu’en eau douce explique sa fréquentation des rivages et le danger qu’il représente parfois pour les baigneurs imprudents, ce qui est souvent étudié dans le cadre du suivi scientifique.
Dans l’ensemble, la présence de requins près des côtes françaises offre un volet passionnant et souvent méconnu de notre milieu marin. Même si certains les redoutent, leur rôle dans l’écosystème demeure fondamental.








