Diversité et conformité : SAP reconfigure ses engagements aux États-Unis

SAP a pris la décision de mettre fin à ses programmes de diversité sur le marché américain, en réponse à l’évolution du cadre réglementaire fédéral.

Publié le
Lecture : 2 min
Trump, et le doute plane sur la COP22
Diversité et conformité : SAP reconfigure ses engagements aux États-Unis © RSE Magazine

Le 11 mai 2025, SAP, groupe allemand de référence dans l’édition de logiciels d’entreprise, a annoncé la suppression de ses objectifs en matière de diversité et de parité aux États-Unis. Ce changement de cap fait suite à un renforcement du cadre réglementaire sous l’administration Trump, désormais opposée aux politiques dites DEI (diversity, equity and inclusion). Cette réorientation soulève d’importants enjeux de conformité, de stratégie RH et de réputation pour le groupe, et ouvre un débat plus large sur la compatibilité des engagements RSE transnationaux avec les contraintes légales locales.

SAP ajuste ses engagements DEI aux États-Unis

Selon les déclarations de l’entreprise, SAP a pris la décision de mettre fin à ses programmes de diversité sur le marché américain, en réponse à l’évolution du cadre réglementaire fédéral. Le groupe a indiqué que cette mesure visait à garantir sa conformité avec les lois en vigueur. Un porte-parole a précisé dans Le Monde : « SAP s’engage à créer un lieu de travail inclusif tout en se conformant pleinement aux exigences légales dans chaque pays où nous opérons. »

Plus concrètement, SAP renonce à son objectif d’atteindre 40 % de femmes parmi ses effectifs aux États-Unis. Par ailleurs, la diversité ne sera plus intégrée comme critère dans les mécanismes de rémunération du directoire. Le département dédié à la diversité et à l’inclusion sera quant à lui intégré à une autre entité, perdant ainsi son autonomie organisationnelle.

Cette décision intervient alors que SAP emploie plus de 17 000 salariés aux États-Unis, soit environ 16 % de sa masse salariale mondiale. Le marché américain représente à lui seul près de 30 % du chiffre d’affaires global de l’entreprise.

Une évolution légale qui affecte de nombreuses multinationales

Ce repositionnement stratégique s’inscrit dans un contexte réglementaire évolutif aux États-Unis, marqué par la publication récente d’un décret présidentiel interdisant explicitement les politiques DEI dans les entreprises opérant sur le sol américain.

SAP n’est pas le seul groupe concerné. L’entreprise pharmaceutique Novo Nordisk a également modifié sa politique de représentation des sexes pour ses opérations américaines. Dans sa déclaration de résultats du premier trimestre 2025, l’entreprise indique : « Bien que Novo Nordisk maintienne notre aspiration mondiale à une représentation minimale de 45 % pour chaque sexe d’ici la fin de 2025, les activités de Novo Nordisk aux États-Unis ne participeront plus à cette initiative mondiale en raison de l’évolution des exigences légales », relate Reuters.

Ce mouvement reflète une tendance plus large : plusieurs grandes entreprises revoient actuellement leur stratégie DEI aux États-Unis afin d’éviter d’éventuelles procédures judiciaires ou sanctions administratives.

Impacts pour le management et la gouvernance d’entreprise

La décision de SAP constitue un exemple emblématique de la complexité à laquelle sont confrontées les entreprises internationales lorsqu’elles doivent concilier leurs engagements RSE globaux avec des régulations locales potentiellement contradictoires. Dans le cas présent, la conformité légale a prévalu sur la continuité de la stratégie DEI, pourtant intégrée historiquement aux valeurs de l’entreprise.

Cette situation soulève plusieurs enjeux en matière de gouvernance :

  • Gestion des ressources humaines : la suppression des objectifs de diversité pourrait avoir des conséquences sur la capacité de l’entreprise à attirer et fidéliser certains profils.
  • Dialogue social et marque employeur : les collaborateurs et parties prenantes sensibles aux engagements DEI peuvent percevoir ce retrait comme un désengagement.
  • Risque réputationnel : sur les marchés européens notamment, cette décision pourrait alimenter une perception de recul en matière de responsabilité sociétale.

Laisser un commentaire