Changer d’heure nuit gravement à la santé : les médecins tirent la sonnette d’alarme

Le changement d’heure pourrait provoquer jusqu’à 300 000 AVC par an !

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Changer d’heure nuit gravement à la santé : les médecins tirent la sonnette d’alarme
Changer d’heure nuit gravement à la santé : les médecins tirent la sonnette d’alarme © RSE Magazine

Le changement d’heure, cette pratique qui a lieu deux fois par an dans plein de pays, aurait des répercussions sur notre santé bien plus fortes que ce qu’on imagine. Une étude récente publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences et commentée par Stanford Medicine met en lumière comment cette alternance perturbe notre horloge biologique. En chamboulant notre rythme naturel, le changement d’heure peut favoriser des soucis de santé publique comme les AVC, l’obésité et les troubles cardiovasculaires.

Comment notre rythme naturel est chamboulé

Notre rythme biologique, qui organise nos fonctions sur environ 24 heures, joue un rôle déterminant pour notre bien-être. Ce cycle est piloté par une horloge située dans l’hypothalamus et dure en moyenne 24 heures et 12 minutes. La lumière du jour contribue à caler ce rythme : elle accélère notre cycle le matin et le ralentit le soir. Pourtant, le changement d’heure perturbe ce lien avec la lumière naturelle, ce qu’on peut décrire comme un petit choc pour notre corps.

Les répercussions ne se font pas attendre : notre température, notre niveau de vigilance, notre métabolisme et la régulation de nos hormones sont tous affectés. Ce décalage entre l’heure imposée par la société et notre horloge interne peut provoquer de la fatigue persistante, des problèmes de sommeil et une baisse de productivité, tout comme l’accélération de la rotation terrestre peut influencer notre perception du temps. Il affaiblit aussi nos défenses immunitaires et diminue nos capacités cognitives.

Différentes options horaires

L’étude a modélisé trois scénarios pour voir leurs effets respectifs : l’adoption de l’heure standard toute l’année, celle de l’heure d’été permanente et le système actuel avec le changement d’heure biannuel. D’après les résultats, garder l’heure standard en permanence serait plus avantageux pour la santé publique, comme le montre la suppression du changement d’heure en Ukraine. Ce choix pourrait éviter jusqu’à 300 000 AVC par an et réduire de 2,6 millions le nombre d’obèses aux États-Unis.

L’analyse s’appuie sur des données géographiques et sanitaires collectées dans tout le pays. Par ailleurs, environ 15 % de la population est constituée de personnes du matin, qui tireraient particulièrement profit du maintien d’une heure standard toute l’année.

Des effets parfois invisibles mais bien réels

Le fossé entre l’heure imposée par la loi et notre horloge biologique naturelle se répercute sur notre quotidien de façon bien réelle, même si l’on ne la voit pas toujours. Outre les problèmes de sommeil évoqués plus tôt, ce décalage perturbe notre métabolisme, ce qui peut nous exposer à des maladies chroniques sur le long terme.

Harmoniser ces deux rythmes apparaît comme une vraie opportunité pour préserver notre bien-être. Choisir l’heure légale qui dérange le moins notre cycle naturel pourrait apporter un net plus à notre qualité de vie. Même si cette décision doit tenir compte des variations de luminosité au fil des saisons, elle offre une belle opportunité non seulement d’améliorer notre santé mais aussi d’optimiser notre productivité.

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