L’élévation du niveau des mers est en passe de transformer le littoral européen, un bouleversement qui pourrait se concrétiser d’ici la fin du siècle. Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), cette montée des eaux s’accélère de façon inquiétante, menaçant de faire disparaître certaines plages emblématiques. Ce phénomène, provoqué par la fonte rapide des calottes glaciaires et la dilatation thermique des océans, présente de sérieux défis pour les communautés côtières et les écosystèmes marins.
Le niveau des mers grimpe rapidement
Entre 2006 et 2018, le niveau de la mer en Europe a augmenté de 3,7 millimètres par an, soit plus de deux fois plus vite qu’au XXe siècle. Si les émissions de carbone ne baissent pas de manière significative, on pourrait se retrouver avec une hausse comprise entre 0,63 et 1,02 mètre d’ici 2100. Dans un scénario encore plus pessimiste, une désintégration rapide de la calotte glaciaire conduirait à une élévation allant jusqu’à cinq mètres d’ici 2150. Giorgio Budillon, professeur d’océanographie et de physique atmosphérique, rappelle dans Euronews que « nous ne pouvons pas arrêter complètement la montée des eaux », en raison de l’inertie déjà enclenchée dans le système climatique.
Des plages en danger : un patrimoine naturel en péril
Plusieurs plages européennes iconiques sont particulièrement exposées à cette montée imparable des eaux. À Sveti Stefan, au Monténégro, réputé pour son isthme pittoresque reliant une station balnéaire historique, on prévoit une perte de 213,58 mètres de littoral d’ici la fin du siècle. À Porto Giunco, en Sardaigne, le recul du littoral pourrait atteindre 107 mètres, tandis que Praia de Benagil, dans l’Algarve, risquerait de perdre près de 70 mètres en raison de l’érosion naturelle combinée à un tourisme intensif.
D’autres lieux, comme l’île de Værøy aux Lofoten en Norvège et Keem Bay en Irlande, font également face à une disparition éventuelle de 58 et 40 mètres de rivage respectivement. En Islande, Reynisfjara pourrait voir son littoral s’effriter de plus de 35 mètres, une situation exacerbée par des vagues dangereuses pouvant atteindre 40 mètres. La Côte d’Azur n’est pas épargnée non plus : sa Plage des Marinières risquerait de perdre près de 35 mètres, tout comme Pasjača à Dubrovnik et Kynance Cove au Royaume-Uni, qui pourraient enregistrer des reculs similaires.
Les causes et les pistes d’action
L’érosion des côtes s’explique principalement par la montée des eaux, mais aussi par des tempêtes fréquentes et violentes et une pollution marine de plus en plus forte. Les tempêtes atlantiques ou subarctiques touchent particulièrement des plages comme Keem Bay et Reynisfjara, influencées par les courants marins. Par ailleurs, la forte densité urbaine sur la Côte d’Azur intensifie le phénomène d’érosion.
Pour faire face à ces défis, on envisage deux grandes approches. D’une part, les « défenses dures » telles que les digues, qui peuvent protéger localement mais risquent de décaler le problème ailleurs. D’autre part, les « solutions douces », souvent vues comme plus durables sur le long terme, comprennent :
- le rechargement des plages en sable extérieur,
- la protection des herbiers marins,
- la restauration des zones humides, qui jouent le rôle de barrières naturelles contre les inondations.








