Ce que les scientifiques prévoient pour nos mers en 2060 fait froid dans le dos

D’ici 2060, les déchets plastiques dans nos océans pourraient atteindre 493 millions de tonnes, un chiffre ahurissant qui menace la vie marine.

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Ce que les scientifiques prévoient pour nos mers en 2060 fait froid dans le dos
Ce que les scientifiques prévoient pour nos mers en 2060 fait froid dans le dos © RSE Magazine

La pollution plastique, fléau moderne aux conséquences déjà graves, pourrait atteindre un niveau sans précédent. Selon une étude récente de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), la quantité de déchets plastiques dans les océans devrait doubler d’ici 2060, un scénario qualifié de « dramatique ». Cette hausse reflète non seulement les tendances actuelles de production et de consommation de plastique, mais aussi l’inefficacité de nos systèmes de gestion des déchets. Ce constat pose de fortes questions sur l’avenir de nos écosystèmes aquatiques et leur capacité à soutenir la vie marine.

La production de plastique qui n’en finit pas

La production de plastique à grande échelle a commencé en 1950. Depuis, elle n’a jamais ralenti. En 2019, les plastiques accumulés dans les milieux aquatiques atteignaient 140 millions de tonnes. La projection pour 2060 est alarmante : l’accumulation pourrait grimper jusqu’à 493 millions de tonnes.

Cette hausse s’explique en grande partie par une production mondiale annuelle de plastiques estimée à 1 231 millions de tonnes par an d’ici 2060.

D’ici 2060, la répartition des déchets prévue est préoccupante :

  • 22 % sous forme de « soupe de plastiques » dans les océans
  • 78 % dans les écosystèmes d’eau douce

Cela tient beaucoup à une mauvaise gestion des déchets plastiques, avec des pratiques comme le brûlage à ciel ouvert et l’enfouissement dans des décharges non contrôlées. La pollution par les rivières joue aussi un rôle majeur : 1 000 cours d’eau sont responsables de 80 % des déchets macroplastiques, parmi lesquels figurent des rivières comme le Pasig et le Tullahan aux Philippines.

Où ça pollue le plus

La pollution plastique provient surtout d’pays pollueurs, de Chine, de l’Inde, et d’autres pays asiatiques en développement. Plus de la moitié des déchets plastiques devraient provenir de ces régions d’ici 2060.

D’après Sciences et Avenir, sur les 50 rivières les plus polluées au monde, 44 se trouvent en Asie, ce qui montre le rôle majeur de cette région dans la pollution plastique mondiale. Des rivières comme l’Ulhas en Inde et le Klang en Malaisie figurent parmi les principales contributrices.

Cette augmentation est liée à une croissance démographique et économique rapide, qui fait augmenter la consommation de produits en plastique. Les emballages et les bouteilles, exemples de macroplastiques, s’accumulent à mesure que les systèmes de gestion des déchets peinent à suivre, formant des vortex de déchets.

Ce qui est en jeu et ce qu’il faut faire

Les océans ne sont pas les seuls touchés : les écosystèmes d’eau douce sont aussi menacés. La « soupe de plastiques » n’est pas qu’un problème visuel : elle représente un danger pour la faune marine, qui peut ingérer ces nanoplastiques et voir sa santé et la biodiversité mises à mal.

La priorité est de renforcer la lutte contre la pollution plastique avant que la situation ne devienne irréversible. L’OCDE insiste sur la nécessité d’actions rapides et décidées pour empêcher cette crise annoncée.

Sans un renforcement déterminé des mesures de lutte contre cette pollution, son volume pourrait presque doubler d’ici 2060. L’amélioration de la gestion des déchets est primordiale, en particulier dans les régions en développement où les infrastructures manquent souvent pour traiter correctement les déchets plastiques. Une meilleure gestion est déjà attendue en Europe et aux États-Unis, grâce à la mise en place de systèmes de collecte et de traitement plus efficaces. Mais cette amélioration doit devenir la norme au niveau mondial.

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