Face à la raréfaction de l’eau potable, une innovation prometteuse arrive : une éponge rigide qui convertit l’eau de mer en eau buvable grâce à l’énergie solaire. Cette invention, mise au point par des chercheurs de l’Université polytechnique de Hong Kong, offre des possibilités intéressantes pour le dessalement à l’échelle mondiale. On sait que des centaines de millions de personnes dépendent déjà de techniques similaires pour avoir accès à l’eau, ce qui rend cette découverte particulièrement bienvenue.
Besoin urgent d’une solution pour avoir de l’eau douce
Puisque 97,5 % de l’eau terrestre est salée, la pression sur les ressources en eau buvable ne cesse de grimper. La population mondiale ne cesse de croître, les épisodes de sécheresse se multiplient et les réserves naturelles se tarissent. Aujourd’hui, les méthodes de dessalement utilisées posent problème : elles consomment énormément d’énergie, coûtent cher et génèrent des désagréments pour l’environnement. Les chercheurs de Hong Kong ont donc imaginé une alternative plus respectueuse et accessible avec leur système de désalinisation.
Fabrication de l’éponge
L’éponge rigide se fabrique avec un matériau innovant : un aérogel noir qui ressemble à une éponge solide. Ce matériau marche sans besoin d’électricité, se reposant uniquement sur la lumière solaire. Sa structure interne est faite de milliers de pores verticaux, chacun mesurant 20 micromètres de large. Grâce à l’utilisation de nanotubes de carbone et de nanofibres de cellulose, imprimés en 3D, l’éponge capte très bien la chaleur du soleil.
Une méthode toute simple et efficace
Le principe de fonctionnement est à la fois ingénieux et simple. On pose l’aérogel sur un récipient rempli d’eau de mer et on le recouvre d’un couvercle en plastique transparent incurvé. Sous l’effet du soleil, le matériau chauffe et attire l’eau avant de la transformer en vapeur. Ensuite, cette vapeur se condense en petites gouttelettes sur le couvercle et retombe dans un récipient collecteur, donnant ainsi de l’eau propre et buvable. Le système n’a besoin ni de pompe, ni de filtre, ni de batterie.
Pendant les tests, des échantillons allant jusqu’à 8 centimètres de côté ont montré que le rendement d’évaporation restait le même, quelle que soit la taille du dispositif. En seulement six heures d’exposition au soleil, la technologie produit l’équivalent de trois cuillères à soupe d’eau potable. Même si ce résultat peut paraître modeste, il montre bien le potentiel d’évolution de cette invention – elle pourrait être adaptée pour fournir suffisamment d’eau à une maison individuelle, voire à un village entier.
Des usages multiples et une portée mondiale
Actuellement, plus de 300 millions de personnes réparties dans 150 pays utilisent le dessalement pour avoir de l’eau potable, tout comme le dispositif de capture de brume utilisé au Maroc. Cette nouvelle technologie pourrait être particulièrement utile dans des zones isolées ou reculées, comme des villages lointains ou des camps de réfugiés, où la production d’eau potable est cruciale. Elle est également très intéressante lors d’urgences humanitaires, quand les équipements lourds et l’expertise technique manquent.
Même si cette innovation s’inscrit dans une tendance vers l’utilisation de l’énergie durable pour le dessalement – un peu comme les systèmes conçus par le MIT – elle doit encore relever plusieurs défis avant d’être industrialisée. Par exemple, la durée de vie du matériel, sa performance quand il est déployé en masse et sa possibilité de recyclage sont des points à résoudre.








