Assurance-vie : une exposition persistante aux énergies fossiles

Souvent présentée comme un placement long terme compatible avec des objectifs de durabilité, l’assurance-vie reste pourtant largement exposée aux secteurs les plus émetteurs de carbone. Selon Reclaim France, une part significative des supports proposés continue de financer des entreprises actives dans le développement de projets fossiles, soulevant des interrogations sur l’alignement climatique des investissements.

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Assurance-vie : une exposition persistante aux énergies fossiles © RSE Magazine

Le 5 février 2026, l’ONG Reclaim France a publié une nouvelle analyse consacrée à l’assurance-vie en France. Cette étude examine l’exposition des unités de compte aux entreprises impliquées dans l’expansion des énergies fossiles, dans un contexte où le secteur de l’assurance affirme renforcer ses engagements en matière de climat, de réduction des émissions et de responsabilité environnementale.

L’assurance-vie et son exposition persistante au carbone

L’assurance-vie représente le principal véhicule d’épargne financière des ménages français. Son encours dépasse 2 100 milliards d’euros. Or, d’après les données publiées par Reclaim France le 5 février 2026, 62 % des fonds en unités de compte proposés dans les contrats d’assurance-vie contiennent au moins une entreprise développant de nouveaux projets de pétrole, de gaz ou de charbon. Ce niveau d’exposition reste comparable à celui observé l’année précédente, indiquant une stabilité des pratiques d’investissement du secteur malgré le contexte climatique.

L’ONG souligne que cette situation concerne l’ensemble du marché. Ariel Le Bourdonnec, analyste chez Reclaim Finance, indique que « malgré les promesses climatiques faites à leurs clients, des leaders du marché comme Crédit Agricole Assurances, AXA ou encore Allianz proposent encore et toujours une offre en unités de compte dont plus de la moitié est exposée à une entreprise développant de nouveaux projets d’énergies fossiles ».

Assurance-vie, investissements responsables et enjeux de transparence

La question de l’exposition carbone de l’assurance-vie s’inscrit également dans le débat plus large sur la finance durable. De nombreux fonds distribués dans les contrats sont présentés comme responsables ou intégrant des critères environnementaux. Toutefois, selon Reclaim France, ces classifications ne conduisent pas systématiquement à une exclusion des entreprises impliquées dans l’expansion fossile.

Les analyses antérieures de Reclaim Finance confirment cette tendance. Dans un rapport publié en juin 2024, l’ONG indiquait qu’environ 63 % des unités de compte disponibles en assurance-vie contenaient des entreprises développant de nouveaux projets fossiles. Ces résultats montrent une continuité dans l’allocation des capitaux vers des activités à forte intensité d’émissions.

Les implications pour les investissements en assurance-vie

Pour Reclaim France, l’exposition persistante de l’assurance-vie aux énergies fossiles pose un enjeu majeur de cohérence des investissements avec les trajectoires climatiques. Compte tenu du volume d’actifs concernés, une évolution des critères d’investissement pourrait avoir des effets significatifs sur le financement des secteurs énergétiques.

L’ONG rappelle que l’assurance-vie concerne près de 20 millions de souscripteurs en France. Dans ce contexte, la transparence sur l’empreinte carbone des supports d’investissement constitue un élément central de l’information des épargnants et des investisseurs. Reclaim France appelle donc les acteurs du secteur à renforcer les exclusions liées au développement de nouveaux projets fossiles dans les contrats d’assurance-vie. Selon l’organisation, cette évolution permettrait d’améliorer l’alignement des investissements avec les engagements climatiques et les objectifs de réduction des émissions de carbone portés par la finance responsable.

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