Affichage environnemental : Carrefour teste l’éco-score sur ses vêtements Tex

L’affichage environnemental s’invite dans les rayons textile de la grande distribution. En lançant un score environnemental sur les vêtements de sa marque Tex, Carrefour affiche une ambition claire : rendre la consommation textile plus lisible, plus responsable, et répondre à une attente croissante des consommateurs sur l’impact écologique des produits qu’ils achètent.

Publié le
Lecture : 3 min
Focus sur l’impact social et environnemental de nos vêtements
Affichage environnemental : Carrefour teste l’éco-score sur ses vêtements Tex | RSE Magazine

Le 19 janvier 2026, Carrefour a officialisé le déploiement d’un affichage environnemental sur une partie de son offre textile. Cette initiative, centrée sur la marque Tex, s’inscrit dans un contexte de forte remise en question de la consommation textile et de la fast-fashion. À travers cet affichage environnemental, le distributeur entend informer davantage les clients, tout en s’inscrivant dans une stratégie RSE plus visible.

L’affichage environnemental comme nouvel outil de transparence dans le textile

L’affichage environnemental devient progressivement un marqueur de transformation dans la consommation textile. Chez Carrefour, cette première étape concerne 70 références de vêtements de la marque Tex, dévoile Le Parisien le 19 janvier 2026. Concrètement, chaque produit concerné dispose d’un score environnemental accessible via un code à scanner. L’affichage environnemental vise ainsi à donner une information chiffrée sur l’impact global du produit, en tenant compte de la fabrication, des matières utilisées, du transport et de la fin de vie.

Cependant, cet affichage environnemental n’adopte pas encore une signalétique aussi simple que celle du Nutri-Score alimentaire. Le score repose sur une valeur numérique, exprimée en points, où plus le chiffre est élevé, plus l’impact environnemental est important. Selon les informations relayées par HuffPost, un t-shirt en coton biologique Tex affiche ainsi un score de 510 points, là où des produits équivalents issus de la fast-fashion peuvent dépasser les 1 000 points.

Dans cette phase de lancement, Carrefour assume un dispositif encore perfectible. L’affichage environnemental est accessible via une application tierce, Clear Fashion, ce qui limite pour l’instant sa visibilité directe en rayon. Néanmoins, le groupe revendique une démarche progressive.

Pourquoi Carrefour accélère sur l’affichage environnemental

Si Carrefour avance aujourd’hui sur l’affichage environnemental textile, ce n’est pas un hasard. Le distributeur fait face, comme l’ensemble du secteur, à une pression croissante sur les enjeux environnementaux et de responsabilité sociale. La consommation textile est régulièrement pointée du doigt pour son impact écologique, notamment en matière d’émissions de CO₂, de pollution de l’eau et de gestion des déchets.

Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe Carrefour, résume cette temporalité en une formule concise : « C’est le bon moment », a-t-il déclaré repris par le HuffPost. Le groupe anticipe ainsi l’évolution du cadre réglementaire français, issu notamment de la loi Climat et Résilience, qui encourage le développement de l’affichage environnemental sur les produits de consommation courante, dont le textile. Même si le dispositif reste aujourd’hui volontaire, Carrefour choisit de se positionner en précurseur.

Cette stratégie s’inscrit aussi dans une logique de différenciation. Alors que la grande distribution est souvent accusée d’encourager la surconsommation, Carrefour tente de renverser le discours en mettant en avant des indicateurs environnementaux. L’affichage environnemental devient alors un levier pour valoriser certains produits textiles, tout en exposant les limites d’autres modèles de consommation. Selon Manon Richert, porte-parole de Zero Waste France, « un vêtement à 300 ou 400 points provient d’une marque durable, là où un vêtement à plus de 1 500 points est vendu par une marque de fast-fashion », a-t-elle expliqué dans le HuffPost.

Un affichage environnemental encore limité mais appelé à s’étendre

Malgré l’effet d’annonce, l’affichage environnemental textile de Carrefour reste, pour l’instant, cantonné à une partie restreinte de l’offre. Les 70 références concernées représentent une fraction du rayon textile. Le groupe l’assume : cette phase pilote doit permettre de tester la compréhension du dispositif et son appropriation par les clients. Selon Le Parisien,Carrefour prévoit néanmoins d’étendre progressivement cet affichage environnemental à l’ensemble de son rayon textile.

Pour Carrefour, l’enjeu est double. D’un côté, il s’agit de crédibiliser la démarche en garantissant la fiabilité des données affichées. De l’autre, le groupe doit éviter l’écueil du greenwashing, régulièrement dénoncé dans le secteur textile. L’affichage environnemental, s’il est mal compris ou mal utilisé, pourrait être perçu comme un simple argument marketing.

Dans un contexte de surconsommation textile, l’initiative de Carrefour ouvre néanmoins un débat plus large. L’affichage environnemental ne résout pas, à lui seul, les dérives de la fast-fashion. Il constitue cependant un outil supplémentaire pour objectiver l’impact environnemental des produits et replacer la question écologique au cœur de l’acte d’achat. Reste à savoir si cette transparence, une fois généralisée, suffira à infléchir durablement les pratiques de consommation.

Laisser un commentaire