Des ouvriers tombent sur une épave médiévale… et les historiens n’avaient rien vu venir

Un vestige en bois récemment découvert aux Pays-Bas pourrait réécrire l’histoire des échanges médiévaux.

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Des ouvriers tombent sur une épave médiévale… et les historiens n’avaient rien vu venir
Des ouvriers tombent sur une épave médiévale… et les historiens n’avaient rien vu venir © RSE Magazine

Un vestige en bois, qui pourrait bien cacher des secrets vieux de plusieurs siècles, a été mis au jour à Wijk bij Duurstede, une ville néerlandaise à l’histoire bien ancrée. Lors de travaux d’assainissement pour remplacer les égouts et aménager une wadi destinée à absorber l’eau de pluie dans la rue de la Promenade, une structure en bois a été retrouvée, laissant apparaître la silhouette possible d’une ancienne embarcation, rapporte Science et Vie. Cette découverte promet de revoir notre connaissance du site de Dorestad, qui fut un centre commercial actif entre le VIIe et le IXe siècle.

Dorestad, l’ancienne plaque tournante du commerce

À l’emplacement actuel de Wijk bij Duurstede se trouvait autrefois Dorestad, un carrefour commercial majeur du nord de l’Europe, tirant parti de sa position entre les réseaux fluviaux du Rhin et les routes maritimes vers la mer du Nord. La ville était connue pour l’échange de céramiques, textiles, métaux et objets de valeur. Malgré son rôle important dans le commerce médiéval, rien de comparable à la structure découverte récemment n’avait encore été repéré sur place.

La pièce de bois extraite mesure environ 3,20 mètres de long pour une épaisseur de 30 centimètres. À l’examen, elle montre des encoches, des traces de façonnage et une forme proche d’un spant, autrement dit une membrure, l’équivalent d’une côte contribuant à la structure d’un bateau.

Qui s’occupe de l’analyse et de la conservation

La découverte a été faite par Danny van Basten du groupe ArchéoTeam Wijk bij Duurstede, qui a rapidement prévenu les autorités locales. La municipalité a fait appel à des spécialistes du Museum Dorestad et de la Stichting Beheer Vikingschip pour examiner le vestige. L’archéologue municipale, Anne de Hoop, coordonne les opérations de conservation. Un protocole strict prévoit une extraction soigneuse, un emballage immédiat et un stockage contrôlé de la pièce pour éviter que le bois ancien ne se déforme ou ne se fissure en séchant, soulignant l’importance de la conservation du patrimoine.

L’équipe prévoit des analyses dendrochronologiques pour déterminer la date d’abattage des arbres et, éventuellement, la provenance régionale du matériau, montrant l’importance de l’archéologie sous-marine et terrestre dans la compréhension historique.

Origines possibles et interprétations

Plusieurs hypothèses sont envisagées pour l’origine de l’embarcation. Une tradition scandinave est plausible, étant donné les raiders maritimes bien documentés, notamment ceux dirigés contre Dorestad dès 810, avec une prise réputée de la ville en 834. À l’inverse, une origine médiévale plus tardive, comme celle des cogues courantes autour du XIIIe siècle, reste également envisageable puisque ces navires étaient fréquents dans le commerce maritime de l’époque.

Kees Sterreburg, constructeur naval, confirme que la forme et les caractéristiques du bois vont dans le sens d’une membrure de bateau, tandis qu’Anne de Hoop insiste sur la nécessité d’analyses complémentaires pour confirmer cette interprétation et obtenir une datation précise des matériaux.

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