Le 28 novembre 2024, la Chine a franchi une étape symbolique en plantant les derniers 100 mètres d’arbres, bouclant ainsi une ceinture verte de 3 046 kilomètres autour du désert du Taklamakan. Située dans la région du Xinjiang, cette initiative ambitieuse vise à freiner l’avancée des dunes et à réduire la dispersion de poussière. Baptisée « Grande Muraille Verte« , elle constitue l’un des volets les plus visibles du Programme des Trois-Nords, lancé en 1978. Le projet ne prétend pas être une expérience climatique à grande échelle, mais cherche à protéger les infrastructures locales vulnérables face à la progression des sables, dans le cadre d’une politique de reforestation ambitieuse.
Un vrai bouclier pour les territoires riverains
Le but principal de cette immense ceinture verte est d’atténuer les dégâts causés par les mouvements de dunes qui menacent les routes, les fermes et les habitats humains. D’après Live Science, la région du Xinjiang, souvent confrontée à la désertification, bénéficie désormais de ce « bouclier écologique ». Le programme vise aussi à limiter la dispersion de poussière, qui affecte des zones bien au-delà des frontières du désert. Grâce à ces aménagements, des pâturages sont préservés et des terres autrefois menacées par l’avancée du sable sont sécurisées, tout comme les projets de ferme aquacole dans la région.
Le chemin jusqu’à l’achèvement de la ceinture a été semé d’obstacles. À la fin de 2023, le People’s Daily rapportait que seule une portion de 2 761 kilomètres était terminée, laissant 285 kilomètres qualifiés de « section la plus difficile ». Des efforts gigantesques ont permis de surmonter ces difficultés, notamment avec l’utilisation de machines lourdes pour niveler les dunes et préparer le terrain aux jeunes arbres et arbustes.
Gérer l’eau et surveiller scientifiquement le projet
La réussite de la ceinture verte repose en grande partie sur une gestion fine de l’eau et une surveillance scientifique rigoureuse. En plus d’avoir choisi des espèces végétales adaptées, le projet a mis en place des techniques de détournement d’eau d’inondation pour restaurer les peupleraies et protéger les terres agricoles. Cette approche implique une gestion active plutôt qu’une dépendance exclusive aux précipitations, qui oscillent en moyenne autour de 16 mm par mois pendant la saison humide, de juillet à septembre.
Grâce à une analyse exhaustive de 25 années de données satellitaires, les chercheurs ont mesuré la transformation écologique autour du désert. L’étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences montre que ces marges plantées jouent le rôle de puits de carbone, avec une variation notable de la concentration de CO2 atmosphérique, passant de 416 ppm en saison sèche à 413 ppm en saison humide.








