“Ils n’avaient jamais vu ça” : la mer Baltique se transforme en désert

La mer Baltique vit une baisse inédite de son niveau d’eau, atteignant des records inquiétants.

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“Ils n’avaient jamais vu ça” : la mer Baltique se transforme en désert
“Ils n’avaient jamais vu ça” : la mer Baltique se transforme en désert © RSE Magazine

La mer Baltique, qui joue un rôle central pour les pays nordiques, voit son niveau d’eau chuter de manière significative. Ce phénomène, observé depuis début février 2026, est inédit depuis près de 140 ans et suscite beaucoup d’interrogations chez les chercheurs et les responsables politiques.

Ce que disent les chiffres

Au large des côtes suédoises, la station d’observation de Landsort-Norra a mesuré une baisse marquée : 67 cm de moins que la moyenne historique de 1886, rapporte Euronews. En volume, cela représente une perte de 275 milliards de tonnes (soit 275 km³). Des niveaux aussi bas n’avaient pas été relevés depuis le XIXe siècle, ce qui inquiète la communauté scientifique.

Le phénomène s’explique en grande partie par des vents forts et persistants venant de l’est depuis début janvier, qui ont poussé les masses d’eau à travers le détroit du Danemark vers la mer du Nord. Un anticyclone bloqué au-dessus de la mer du Nord a aussi joué un rôle important en retenant de l’eau à l’extrémité sud-est des bassins. La désintégration du vortex polaire, qui perturbe le courant-jet, a accentué ces anomalies atmosphériques.

Les conditions météo à l’origine de cet assèchement sont renforcées par des phénomènes climatiques globaux, comme le ralentissement des courants marins. L’Arctique se réchauffe jusqu’à quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui favorise la fonte des glaciers et modifie les circulations atmosphériques, entraînant des anticyclones bloqués et des épisodes de gel arctique.

À cela s’ajoutent des facteurs liés aux activités humaines : le relèvement de la croûte terrestre après la dernière glaciation rend certaines zones de la mer moins profondes, et l’augmentation du volume des précipitations modifie l’équilibre hydrique. Les rivières, une fois régulées, transportent aussi davantage de composés fertilisants vers la mer, favorisant des poussées de cyanobactéries qui réduisent l’oxygène disponible pour la faune marine et aggravent la perte de biodiversité.

Un écosystème déjà fragile qui souffre

La mer Baltique, souvent considérée comme l’une des mers les plus polluées, voit son état écologique se dégrader sous l’effet de ces phénomènes. Malgré une légère amélioration due à des actions coordonnées par HELCOM et l’Union Européenne, ainsi qu’à l’installation de stations d’épuration, sa faible salinité empêche de nombreuses espèces marines de prospérer.

Les populations de cabillaud (Gadus morhua) sont particulièrement en danger : ces poissons ont besoin d’eaux plus salées et plus froides pour frayer. Les conditions anaérobies près du fond marin compliquent encore leur survie, même si les zones favorables aux œufs de cabillaud ont récemment doublé.

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